De Gaulle a dit de lui qu'il fut un « homme injustement broyé par des événements excessifs ». L'homme politique a pourtant du talent. Personnalité du centre droit, Paul Reynaud possède des talents d'économiste et il ose mettre en œuvre ses idées. Avocat, élu député des Basses-Alpes en 1919, puis, à partir de 1928, du IIe arrondissement de Paris jusqu'en 1940, il est tour à tour ministre des Finances de Tardieu en 1930 puis ministre des Colonies sous Laval en 1931-1932. Puis pendant six ans, il va, en solitaire, s'opposer aux gouvernements et ses interventions sont à la fois écoutées et redoutées. En 1934, il défend seul les mérites économiques de la dévaluation quand les hommes politiques croient aux vertus de la déflation. Il défend seul le colonel de Gaulle qui préconise les mérites tactiques des escadrons cuirassés mobiles et autonomes dans une armée. Opposé à la politique de Munich, il préconise une alliance avec la Russie et une politique énergique à l'égard de l'Italie. Le 20 mars 1940, le président de la République fait appel à Paul Reynaud comme président du Conseil. Doué, intelligent et autoritaire, proche des Anglais, il est assez indépendant des grands partis. Il est investi à une voix de majorité, et doit garder Daladier au ministère de la Guerre, qui lui impose le maintien du général Gamelin. Il resserre les liens franco-anglais. Weygand est envoyé au Moyen-Orient pour préparer un front contre l'Allemagne. L'expédition de Norvège est menée conjointement avec Churchill. Mais en mai le front français craque en quelques jours. Reynaud, le 18, prend la direction de la Défense nationale, appelle Pétain et nomme Weygand généralissime. La situation apparaît déjà désespérée à beaucoup. À partir de juin 1940 se dessine au sein du ministère l'opposition qui va se révéler irréductible entre partisans et adversaires de l'armistice. Le 5 juin a lieu un premier remaniement ministériel : Bouthillier, Baudouin, de Gaulle entrent dans le gouvernement. Le 7 juin, le front de la Somme craque. Le […]
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