Prêtre de l'Église de Rome, Novatien y tenait un rôle important durant la vacance du siège qui suivit le martyre du pape Fabien (janv. 250). Au nom du clergé romain, il écrivit deux lettres à Cyprien au sujet de la conduite à tenir à l'égard des chrétiens qui avaient apostasié (les lapsi) durant la persécution de Dèce. Il y préconise la même attitude de prudence et de miséricorde que l'évêque de Carthage. Quand, après quinze mois, Corneille fut élu pape (mars 251), Novatien s'opposa violemment à lui, se fit consacrer pape par trois évêques de village qu'il avait fait boire et prit (peut-être sous l'influence de Novat de Carthage, l'adversaire de Cyprien) la position la plus rigoriste, refusant absolument la réconciliation des lapsi. Excommunié par le synode romain de 251, il organisa son Église, avec sa hiérarchie. On ne sait rien de sa fin.
Outre les deux lettres citées plus haut, Novatien, esprit très cultivé (stoïcisme !) et écrivain brillant, le premier théologien romain à écrire en latin, laissa : un important traité Sur la Trinité, qui eut une influence décisive sur la terminologie et la théologie latines ; un écrit Sur les aliments juifs (De cibis judaïcis), qui montre que les chrétiens ne sont pas tenus par les observances juives, lesquelles doivent être interprétées allégoriquement ; deux opuscules Sur les spectacles et Sur la chasteté (De bono pudicitiae ), inspirés de Tertullien.
Le novatianisme, qui évolua dans un sens de plus en plus rigoriste, allant jusqu'à refuser à l'Église le droit de remettre les péchés, eut aux ive et ve siècles des communautés florissantes : en Occident, où Ambroise et Augustin eurent affaire à lui, et en Orient (Constantinople, Alexandrie), où il ne disparut qu'au viie siècle.
Pierre Thomas CAMELOT
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