Les compositions épiques et dramatiques de Nikolaus Lenau, poète autrichien de l'époque postromantique, sont marquées par une inguérissable nostalgie de la liberté. Ses pièces lyriques, ouvertes aux appels de la nature et du vagabondage, ont souvent inspiré les musiciens, à commencer par Franz Liszt, avec lequel il avait des affinités certaines, et jusqu'à Richard Strauss qui a trouvé chez lui l'argument de son poème symphonique sur Don Juan.
1. Prolégomènes romantiques
Nikolaus Lenau est un poète de langue allemande, né en Hongrie, élevé à Vienne et qui tenta de s'établir aux États-Unis d'Amérique avant de revenir en Souabe, puis en Autriche.
Csatád, le village hongrois où il vit le jour et reçut les noms de Nikolaus Franz Niembsch von Strehlenau – qu'il abrégea plus tard en Nikolaus Lenau –, était proche de Temesvár ; il formait un îlot allemand dans une région où se rencontraient Magyars, Roumains et Slaves. La mère du poète, veuve de bonne heure et ruinée, emmena son fils à Pest, puis à Vienne pour y faire son éducation de gentilhomme. Il y vécut dans l'amour de la musique et des longues randonnées solitaires, étudia la philosophie, le droit et la médecine. Après une jeunesse pauvre et mouvementée, il connut, à partir de 1830 et grâce à un héritage, une relative aisance.
Le déchirement, l'inaccessible repos du cœur et des sens, la recherche d'une liberté totale et décevante, l'attrait fatal qu'exercent sur une âme insatisfaite les horizons toujours fuyants ont inspiré à Lenau des vers qui furent vite remarqués dans le cercle des poètes souabes, où il avait trouvé refuge après la mort de sa mère en 1829.
2. Le chant du Weltschmerz ou la douleur de vivre
Les paysages de sa jeunesse, puis de sa vie vagabonde tiennent une large place dans ses poèmes : la plaine de Hongrie, la Puszta sans chemins qui porte à la mélancolie, mais où vivent des hommes passionnés, les bergers à cheval et leurs troupeaux à demi sauvages que le poète avait côtoyés dans ses jeunes années ; les hautes A […]
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