2. Les composantes de la muséologie
• Conservation
Il est évident que l'acte de mettre des objets à l'abri dans un musée est en principe un acte conservatoire, du moins si le local est conçu pour qu'ils soient hors d'atteinte des nombreux facteurs de destruction naturels ou artificiels qui les menacent. Dans le programme de la constitution d'un musée, on doit donc tenir compte des qualités d'isothermie du bâtiment et des possibilités d'en améliorer l'atmosphère. De ce point de vue, les constructions modernes ne sont pas toujours les meilleures ; il faut donc créer le conditionnement d'air, technique coûteuse, d'entretien onéreux, et qui peut faire défaut en cas de panne, de grève ou de guerre. La façon dont sont construits les anciens bâtiments présente au contraire une situation le plus souvent favorable et qu'il est facile d'améliorer par des procédés simples. Les principaux facteurs de destruction contenus dans l'atmosphère sont : le degré de température, dont l'action est d'ailleurs généralement indirecte, c'est-à-dire qu'elle joue dans la mesure où elle influe sur le deuxième facteur, qui est le degré hygrométrique ; la pollution, qui s'aggrave sans cesse dans les villes modernes, et les courants d'air ; la lumière, enfin, qui agit sur les pigments colorés, soit par les rayons infrarouges, soit par les rayons ultraviolets. Le conservateur doit donc connaître le degré d'hygrométrie optimal, qui est compris, suivant les objets, entre 45 et 70 0C et savoir quel est le niveau lumineux tolérable ; ce seuil, qui est d'environ 200 lux, est rarement respecté. Le muséologue doit assurer en outre la sécurité contre le vol et l'incendie, double sécurité dont les conditions sont contradictoires, puisque pour empêcher le vol il est préférable que l'objet soit rendu difficile à transporter, tandis que sa mobilité permet une évacuation rapide en cas de sinistre. Le programme de la muséologie comprend aussi l'étude des moyens de préserver l'objet des dangers de guerre (construction d'abris […]
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