D'origine canadienne, Michael Snow a été, comme l'Autrichien Peter Kubelka, un hôte de marque pour les cinéastes et théoriciens de l'avant-garde new-yorkaise rassemblés autour de Jonas Mekas, avec qui il a travaillé, faisant évoluer le film expérimental américain vers un minimalisme qui marque la fin de son processus évolutif. Devenu une des figures de proue de ce que le théoricien P. Adams Sitney nomme, dans un article de 1969, le film structurel, Snow, comme d'autres filmmakers de la fin des années 1960, parmi lesquels on peut citer Paul Sharits ou Hollis Frampton, trouve, dans la grammaire du cinéma (mouvements de caméra, vitesse, granularité...), le moyen d'accéder à une abstraction cinématographique qui ne doit plus rien à la transposition de l'abstraction picturale sur pellicule telle que la pratiquèrent Richter ou Ruttmann dans les années 1920.
Né à Toronto, Michael Snow entreprend des études de peinture et de sculpture (1948-1952) et éprouve un vif intérêt pour le jazz. La même année que sa première exposition personnelle, en 1956, il réalise un film, A to Z, court-métrage d'animation. Mais ce n'est qu'à partir de 1963, lorsqu'il s'installe à New York avec son épouse, Joyce Wieland, appelée elle aussi à devenir une cinéaste expérimentale de renom, qu'il se met à suivre les projections organisées par Jonas Mekas et se découvre un véritable intérêt pour le film expérimental. Son deuxième film, New York Eye and Ear Control (1964) se situe encore dans une démarche de plasticien. Après un autre essai, Short Shave (1965), Snow réalise Wavelength (1967), qui fait l'effet d'une bombe : ce moyen-métrage aura la même importance historique pour l'avant-garde nord-américaine que, en leur temps, Meshes of the Afternoon de Maya Deren et Alexander Hammid (1943) ou Anticipation of the Night de Stan Brakhage (1958). Wavelength est constitué d'un zoom avant de quarante-cinq minutes dans un atelier new-yorkais qui va du fond de la pièce jusqu'à une photo en noir et blanc représ […]
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