L'application de la méthode expérimentale en biologie et l'approche mécaniste et physiopathologique de la pharmacologie ont permis à la médecine conventionnelle d'effectuer des progrès certains, en particulier dans la lutte contre les maladies infectieuses majeures. Parallèlement à cette médecine officielle existent de nombreuses thérapeutiques et des pratiques médicales différentes. Elles reposent souvent sur un ensemble de connaissances d'origine traditionnelle, plus éprouvées par le temps et l'usage que par l'approche expérimentale, et accordent au malade et à son état de santé général une importance réelle, sans négliger pour autant l'indispensable démarche diagnostique. Même si elles se fondent, pour certaines d'entre elles, sur des principes ou des postulats éloignés des bases rationnelles de la pensée scientifique, ces thérapeutiques différentes sont utilisées par une majorité de patients dans le monde, et leur cohabitation avec la médecine officielle est une réalité que les systèmes de santé de tous les pays ne peuvent ignorer. Ainsi, les États-Unis ont intégré concrètement ce fait social et culturel en créant en 1993 un Bureau pour l'étude des pratiques médicales non conventionnelles dans le cadre des instituts nationaux de la santé. Ce bureau a vu son statut s'améliorer en 1999 en devenant Centre national pour les médecines alternatives et complémentaires, son budget annuel passant de 20 millions à 50 millions de dollars. Cette augmentation budgétaire est corrélée à une plus grande utilisation par les patients : aux États-Unis, 42 p. 100 de la population avait utilisé au moins une fois une pratique médicale alternative en 1997, contre 33,8 p. 100 en 1990. En Europe, où l'évolution est sensiblement la même, le Parlement européen a, en 1997, demandé à la Commission européenne de réaliser des études sur l'innocuité, l'opportunité, le champ d'application et le caractère complémentaire ou alternatif de chaque discipline non conventionnelle. En France, le conseil de l'Ordre des médecins a pris […]
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