3. Bactéries lysogènes défectives
Si l'on traite une culture bactérienne par un phage tempéré, il arrive parfois que, parmi les bactéries prémunies contenues dans la culture secondaire, certaines fournissent à chaque multiplication une proportion normale du phage lysogéniseur, tandis que, dans les filtrats d'autres bactéries également prémunies, il est impossible d'en trouver, même après induction et culture mixte avec la souche sensible.
Cependant, l'analyse approfondie de ces cultures montre que le prophage s'est bien inséré dans le chromosome de la bactérie. Mais les divers éléments du phage qu'il a synthétisés pendant la période latente, c'est-àdire pendant les minutes qui suivent l'infection, se trouvent dans l'incapacité de s'assembler les uns aux autres pour former des particules infectieuses. L'explication de ce phénomène a été donnée par Jacob et Wollman (1956) : une lésion génétique du prophage, par exemple par suite d'un échange entre une partie du chromosome phagique avec une fraction du chromosome bactérien, empêche l'une des réactions nécessaires à la formation des particules infectieuses de se produire ; la présence d'un prophage ne se manifeste plus chez ces bactéries lysogènes défectives que par des propriétés phénotypiques autres que la production de bactériophage.
On peut mettre en évidence la lysogénie défective par divers procédés :
– la recherche de l'endolysine, substance non spécifique contenue dans le surnageant de cultures lysogènes défectives irradiées par les rayons ultraviolets et dont l'action lytique se manifeste sur une suspension de bactéries de la même espèce traitée par le versène ou le chloroforme ;
– en surinfectant les bactéries lysogènes défectives par un phage dont les caractères sont bien connus, et en recherchant les modifications que ce phage a pu subir au cours des recombinaisons génétiques avec le prophage défectif.
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