2. L'induction
Si l'on traite une bactérie lysogène par certains agents qu'on appelle inducteurs (agents physiques comme les rayons ultraviolets, les rayons X ou les brusques variations de température ; agents chimiques comme l'acide ascorbique, l'acide thiomalique, l'eau oxygénée, l'aminoptérine, la mitomycine C, la colicine E2) ou bien si on la soumet à certaines carences nutritionnelles comme le manque de thymine, la proportion de bactéries qui perdent leur prophage et subissent le cycle lytique deviendra considérable. Elle peut même atteindre la totalité de la population bactérienne. C'est le phénomène de l'induction, qui conduit une culture lysogène à libérer du phage en quantités massives (A. Lwoff et L. Siminovitch, 1952). Ainsi, de nombreuses souches d'Escherichia coli fournissent, après traitement par les rayons ultraviolets, 10 000 fois, 100 000 fois plus de lysions et même davantage qu'elles n'en libèrent sans ce traitement.
Mais les bactéries lysogènes ne sont pas toutes également inductibles. C'est ainsi que la plupart des Salmonella, dont certaines fournissent sans induction de très nombreux lysions, n'en produisent pas sensiblement plus après irradiation ultraviolette. Lorsque les filtrats des bactéries non inductibles contiennent si peu de bactériophages qu'on risque de ne pas les trouver, la propriété lysogène peut encore être mise en évidence par l'artifice d'une culture mixte avec une souche sensible.
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