2. Le hindī moderne
• Développement et standardisation
Le hindī, terme persan, désigne à l'origine toutes les langues régionales apparentées de la plaine indo-gangétique. En tant qu'expression de la culture hindoue, les musulmans lui donnent aussi le nom de « hindoui » qui est attesté dès le xiie siècle. Au xviie siècle, les voyageurs européens mentionnent l'hindustānī, langue courante généralement écrite en caractères persans. À l'origine, le hindī est une variété de braj appartenant à la zone de transition de Miraṭ. Elle atteste donc l'influence du penjābi qui la délimite à l'ouest. Cette variété est naturellement adoptée pour l'usage courant par les envahisseurs musulmans qui s'installent dans la région dès le xiiie siècle. Elle est, de là, transportée à Delhi et Agrā, les deux grandes capitales des royaumes musulmans successifs. Au contact du persan, langue dominante des musulmans installés en Inde, et du penjābi constamment exporté vers l'Est par la mobilité de cette population très active, cette variété de braj (appelée hindī vernaculaire ou sirhindī) se transforme sur le plan phonétique, morphologique, lexical et syntaxique. Au fur et à mesure que la société urbaine adopte les modes de vie, les goûts et les idées de la cour musulmane, la langue se charge de vocables arabo-persans empruntés aux milieux proches de la cour.
La période de l'empire mogol qui débute avec le règne d'Akbar (1556-1605) voit se former une culture indo-musulmane particulièrement riche. Déjà au xive siècle, la dynastie indépendante Bahamānī installée au Deccan avait adopté le hindī comme langue administrative et adapté l'alphabet persan à sa notation. Un style littéraire par transposition et imitation d'œuvres en persan se forme au Deccan. Il est connu sous le nom de dakkhini hindī ou rekhta (mélangé) et, à partir du xviiie siècle, urdū, terme employé dans le sens de « camp » par Bābar (1526) dans ses mémoires et choisi au xviiie siècle par Sirāj-ud-Din Alī Khān pour désigner le style littéraire basé sur un parler de Delhi nommé urdū-e-muallā, employé par le […]
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