2. Histoire
• L'histoire précoloniale
Les fouilles pratiquées en Afrique de l'Est ont permis de recueillir, sous forme d'ossements ou de pierres taillées, des témoins anciens d'une occupation humaine ou pré-humaine. Au Kenya, deux zones sont particulièrement riches de ce point de vue : le pourtour du lac Victoria (où furent découverts des restes d'un Proconsul Africanus datant du Miocène inférieur, soit environ 20 millions d'années avant notre époque) et la vallée du Rift (sites d'Olorgesaille, des environs des lacs Nakuru et Elementaita). Les recherches faites à partir de ces vestiges permettent de reconstituer au moins partiellement la chaîne de l'évolution humaine et mettent en évidence l'existence de différenciations culturelles rapides survenues à partir du Pléistocène. Vers 5000 avant notre ère s'y ajoutent les incursions de peuples pasteurs venus du nord ; à partir de là, les influences extérieures vont se multiplier, important ou consolidant des innovations techniques décisives (agriculture, élevage, travail du fer) et coulant les fondations sur lesquelles les sociétés du Kenya moderne devaient s'édifier : un brassage culturel intense réunissant par coexistence, absorption ou affrontement des groupes rattachés en majorité aux ensembles que la linguistique moderne définit comme couchites, nilotiques et bantous.
Ainsi, les premiers Couchites seraient arrivés au Kenya il y a environ deux mille ans ; les proto-Bantous vers 400-300 avant J.-C. ; durant le premier millénaire de notre ère, les Nilotiques exercent une influence dominante sur les Hautes Terres de l'Ouest, donnant naissance à la civilisation des « trous Sirikwa ». À la même époque, sur la côte de l'océan Indien, se met en place une autre culture tout aussi composite. D'un côté les migrants bantous parviennent sur la côte durant le premier millénaire, de l'autre l'utilisation des moussons y pousse des peuples navigateurs et commerçants, arabes surtout, qui bâtissent des cités prospères et trafiquent avec l'Asie Mineure comme avec l'Extrême-Or […]
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