En permettant que se rejoignent l'analyse de l'homme concret et l'analyse matérialiste du monde, le xxe siècle a réuni sous le terme de jouissance deux acceptions au premier abord très différentes : la satisfaction d'un désir sexuel et l'usage en propre d'un bien. La vogue d'une pensée issue de Freud et de Marx montre assez que les conditions s'accordaient pour prêter à la notion de jouissance une extension que l'histoire ne lui avait pas connue.
Il n'y a guère de témérité à conjecturer une coïncidence entre l'utilisation du mot marquée d'une connotation érotique et les époques ou milieux propices aux diverses formes d'hédonisme. Ce sens résonne dans le Gaudeamus igitur que propagent, au xiie et au xiiie siècle, les goliards et clercs vagants ou errants, contemporains des mouvements communalistes qui revendiquaient de fait (mais l'expression est du xve siècle) la « jouissance plénière des villes ». Dans la joie prise aux plaisirs temporels de l'amour et de la bonne chère transparaît moins l'usage légitime des privilèges de l'ex […]
Autres références
« JOUISSANCE » est également traité dans :
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AMOUR
Auteurs :
Georges BRUNEL, Baldine SAINT GIRONS
Dans le chapitre "« Ô Satan, prends pitié de ma longue misère... »" : …
et l'on sentira de quelle assistance est l'idée d'un dieu non manichéen pour un sujet dont la *jouissance risque toujours de glisser dans la honte : honte de l'imperfection de mon amour, honte de l'excès de ma jouissance et de l'égoïsme qu'elle recèle, honte de tout le roman que je me fabrique : l'amour est toujours plus et moins que l'amour.…
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L'ART DE JOUIR, livre de Julien Offray de La Mettrie
Auteur :
Raoul VANEIGEM
sournoise du puritanisme et de la débauche une entreprise conjointe pour « gâter le plaisir ». *Bien qu'il pressente dans la jouissance l'essence même de la vie, il n'échappe pas au paradoxe de l'hédonisme qui, dans son souci de cueillir chaque plaisir comme s'il devait être le dernier, reconnaît la prééminence de la mort et lui fait allégeance…
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BONHEUR
Auteur :
André COMTE-SPONVILLE
Dans le chapitre "Du bonheur manqué au divertissement" : …
que de négatif... Le désir, en effet, la privation, est la condition préliminaire de toute *jouissance. Or avec la satisfaction cesse le désir, et par conséquent la jouissance aussi » (iv, 58). Le désir s'abolit dans sa satisfaction, et le bonheur se perd dans ce plaisir. Il manque donc toujours (souffrance), même quand il ne…
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CORPS - Le corps et la psychanalyse
Auteur :
Monique DAVID-MÉNARD
Dans le chapitre "Le corps hystérique et la pantomime de la jouissance" : …
la motilité et figuréssur le mode de la pantomime. Cette référence à une figuration de la *jouissance sur le mode de la pantomime indique la plasticité du corps érogène, qui est comme un écran pour des scènes réalisées au-delà du dire. Figurés, cela se dit en allemand dargestellt, c'est-à-dire présentifiés, actualisés et mis en…
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DROGUE
Auteurs :
Alain EHRENBERG, E.U., Olivier JUILLIARD, Alain LABROUSSE
corps médicalisé du savoir contemporain : le corps prend soudain valeur comme corps désirant, corps *jouissant et non plus agrégat d'organes et de cellules. Dans un texte consacré à Artaud, en 1976, Guy Rosolato notait que « la connaissance anatomique [...] ne procède que par incisions, ablations, microtomie pour n'atteindre au terme d'une…
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Bibliographie
G. Bataille, La Part maudite, Minuit, Paris, 1949
Les Larmes d'Éros, Jean-Jacques Pauvert, 1961
P. Cryle, La Crise du plaisir. 1740-1830, Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve-d'Ascq, 2003
J. Gagey, Épistémologie de la jouissance, Presses universitaires de Grenoble, Grenoble, 2000
P. Quignard, Le Sexe et l'effroi, Gallimard, Paris, 1994
R. Vaneigem, Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations, ibid., 1967
Le Livre des plaisirs, Encre, Paris, 1979, rééd. Labor, Bruxelles, 2006
Nous qui désirons sans fin, Le Cherche midi, Paris, 1996.
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