4. Réaliser l'égalité raciale
Conscient de l'urgence des solutions à apporter au problème noir, le président Kennedy choisit néanmoins une stratégie à moyen terme : les problèmes internationaux et ceux de l'économie américaine sont à ses yeux prioritaires, et pour les régler, il a besoin, au Congrès, de l'appui des démocrates du Sud.
L'administration Kennedy décide de faire porter l'essentiel de ses efforts dans ce domaine sur l'amélioration de la situation économique des Noirs, et sur l'octroi d'une protection fédérale efficace pour leur inscription sur les listes électorales : c'est par leurs bulletins de vote que les Noirs parviendront progressivement à se faire respecter par les hommes politiques.
Or, deux ans et demi après son arrivée à la Maison-Blanche, Kennedy doit reconnaître que la situation appelle une intervention fédérale directe, destinée à accélérer l'évolution : dans le Sud, le conflit est devenu aigu et difficile à dominer. Jusqu'au début de juin 1963, il se voit reprocher l'inefficacité de son action ; ce n'est que le 11 juin qu'il s'adresse à la nation pour poser enfin le problème en termes moraux et idéologiques. Il réclame alors une loi permettant de lutter contre la ségrégation ; sa mort et la détermination du président Johnson assurent, en 1964, le vote d'un texte proche de celui qu'il avait proposé. La mémoire de Kennedy n'en est pas moins vénérée par de très nombreux Noirs – cette vénération est considérée par les militants du « Pouvoir noir » comme une mystification de plus.
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