5. L'héritage
Le président Kennedy aimait à dire, et peut-être n'en excluait-il pas totalement la possibilité, qu'il était le fondateur d'une dynastie : ses frères, un jour son fils, gouverneraient eux aussi l'Amérique ; mais la fatalité paraît s'acharner sur la famille Kennedy... Qu'en est-il de l'« héritage » de Kennedy ? Dans la crise sociale et politique que traversèrent les États-Unis autour des années soixante-dix, l'œuvre qu'il a voulu réaliser, et après lui son frère Robert, a-t-elle encore une signification ? Comment interpréter ces trois années de vie politique passionnante, mais qui n'ont réglé aucun problème important ? Peut-on, ailleurs qu'en politique étrangère, faire l'économie d'une orientation idéologique plus cohérente et plus précise ? Un style et une personnalité suffisent-ils à inspirer confiance ?
La réponse est difficile à donner. Peut-être, malgré notre scepticisme, une action comme celle qu'a menée Kennedy n'est-elle pas inadaptée aux problèmes actuels de la société américaine. Peut-être le véritable héritage reçu par le peuple américain consiste-t-il surtout en un « esprit », une façon nouvelle pour chacun de concevoir sa propre responsabilité politique. Son influence reste réelle aujourd'hui, aussi bien parmi ses anciens collaborateurs que parmi les pauvres, les jeunes... Ainsi, remarque T. Sorensen, John Kennedy a « essayé de prouver à l'Amérique et au monde qu'on pouvait réaliser pacifiquement des changements de nature littéralement révolutionnaire » susceptibles, pense-t-il, de réparer les injustices liées à la nature du système économique et des relations entre les peuples.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…



