3. Rendre son dynamisme à l'économie
Loin d'utiliser à plein ses ressources, l'économie américaine, gérée avec pusillanimité par les ministres d'Eisenhower, connaît un taux de croissance médiocre, un taux de chômage élevé et des poches de misère déshonorantes pour les États-Unis. Kennedy est persuadé qu'on peut insuffler à l'économie un plus grand dynamisme par une gestion plus audacieuse, tournant le dos à des dogmes tels que celui de l'équilibre budgétaire annuel, cher aux banquiers et à certains dirigeants de grandes entreprises. Il veut pratiquer temporairement une politique de déficit budgétaire systématique, lutter contre la pauvreté, modifier la répartition des dépenses publiques de façon à satisfaire en priorité certains besoins collectifs.
Dans ce domaine, sa campagne d'éducation ne suscite guère d'écho. Trop d'hommes d'affaires et de membres du Congrès sont attachés aux « mythes » qu'il dénonce ; bien des chefs d'entreprise éprouvent à son égard une antipathie qu'il leur rend (on s'en aperçoit le plus clairement lors de la courte guerre qu'il livre, et gagne, en 1962 contre le président de l'United States Steel Corporation pour l'empêcher de relever le prix de l'acier). Le président Johnson, bien plus habile que Kennedy dans ses rapports avec le Congrès, réalisera ses projets, et lancera l'économie américaine dans la direction indiquée avant que la guerre du Vietnam crée de nouveaux problèmes.
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