L'île de Cuba, la plus grande de l'archipel des Caraïbes (110 922 km2), occupe une position stratégique à 77 km de Haïti et à 140 km de la Jamaïque. Longue de 1 200 km – alors que sa largeur varie de 32 à 145 km –, Cuba est très proche du continent, des États-Unis et du Mexique. Parmi les nombreux facteurs naturels qui ont contribué au développement de la monoculture sucrière, qui prit un essor extraordinaire au xixe siècle, la topographie de l'île a joué un rôle important. Elle possède des plaines, ce qui favorise la mécanisation de l'agriculture. Un quart seulement de la surface de l'île est occupé par des régions montagneuses assez dispersées qui abritent une paysannerie spécifique.
Les structures coloniales espagnoles qui s'enracinent et se déploient pendant près de cinq siècles ont profondément marqué l'économie et la société cubaines. Après la phase de conquête et de pillage – qui entraîne le génocide des aborigènes –, la colonisation s'implante autour de la monoculture sucrière dans la partie sud (Santiago). Le glissement vers La Havane, qui s'opère vers 1540-1542, ouvre l'ère d'une nouvelle prospérité fondée sur le commerce d'exportation des sucres, des cuirs, du café et du tabac. Le port de La Havane, devenu une des clés de la mer des Caraïbes, attire les convoitises des corsaires anglais, français et hollandais avant d'être pris par les Anglais en 1762. Cette occupation (1762-1763) provoque un « boom économique » grâce à l'introduction d'une main-d'œuvre africaine et à l'injection de capitaux dans l'économie. L'accélération de la production sucrière après 1790 va intensifier les difficultés sociales et les contradictions inhérentes au système esclavagiste. La colonisation espagnole, qui parvient à restreindre les visées annexionnistes des États-Unis et intègre les capitaux nord-américains dans l'économie de l'île, se heurte à la résistance intérieure. La décolonisation passe d'abord par le processus de destruction des rapports esclavagistes, qui débute ave […]
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