5. Du loisir à la mode
C'est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale que le jeans est largement adopté par les adolescents désireux de se démarquer de leurs aînés. Le denim est en effet depuis le début du xxe siècle, aux États-Unis, le matériau par excellence des vêtements de jeu pour enfants. Le port du jeans permet à la jeunesse de s'opposer au monde adulte et de prouver son identité. Les acteurs Marlon Brando et James Dean deviennent alors les figures de cette rébellion qui superpose à l'imagerie de l'Ouest et du cow-boy celle du mauvais garçon. Cependant, le port du jeans reste encore cantonné aux loisirs : il est interdit à l'école. Dans les années 1960-1970, le jeans, en particulier le 501 de Levi Strauss, s'affirme comme l'uniforme d'une jeunesse rebelle tandis qu'il est utilisé par les plus âgés comme vêtement de détente. Dix ans plus tard, le jeans est adopté par toutes les couches de la société américaine et porté dans presque toutes les circonstances.
Mais c'est en Europe que le jeans devient enfin un produit de mode. Découvert dans les friperies et les surplus américains, il séduit à la fois par son mythe et par son bleu patiné. En Europe, à partir de 1968, un grand nombre de marques de jeans se développent. Elles adaptent le jeans à la mode en modifiant sa forme et parfois son étoffe.
Ultime avatar, les stylistes tentent de reproduire un jeans qui aurait la patine du pantalon de fripe. C'est ainsi que François Girbaud met au point, en 1967, un processus d'usure de l'étoffe par frottement de pierres ponces, le stonewash. Ce processus est industrialisé, en 1981, par la marque toulousaine Liberto. Au même moment, par un phénomène de retour à la source, les fabricants européens cherchent à rapprocher leurs jeans du pantalon d'origine, en particulier du célèbre 501.
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