Jeune peintre rouennais installé à Paris, Jouvenet est remarqué par Charles Le Brun, qui l'intègre à l'équipe des décorateurs des résidences royales : Saint-Germain-en-Laye, Les Tuileries et Versailles, où il peint avec Audran et Houasse dans le pur esprit de Le Brun. Il se détache assez tard de cette influence et reste toute sa vie un admirateur de Poussin. Ce grand travailleur n'ira jamais à Rome et il ne quitte Paris que rarement. Après avoir peint le mai des Orfèvres pour Notre-Dame de Paris (1673), Jouvenet entreprend le cursus du peintre officiel au sein de l'Académie : il y est successivement agréé, reçu, nommé professeur adjoint, recteur adjoint, directeur puis recteur. Son style s'accommode des grands espaces en hauteur, où joue l'effet de perspective ; il peint en effet de nombreux plafonds dans des hôtels parisiens avant d'exécuter en 1695 celui du parlement de Rennes. Mais, l'orientation que prend Jouvenet, à plus de quarante ans, lui vaut la célébrité et la faveur de Louis XIV : il se consacre alors essentiellement aux grandes « machines » d'églises, aux monumentales compositions traitées avec célérité et vigueur. Jouvenet est devenu le spécialiste incontesté des gr […]
