« La Révolution qui s'effectue est une belle chose ; mais je voudrais qu'elle fût arrivée il y a vingt ans. Il est fâcheux de se trouver dessous, quand on démolit une maison, et voilà notre position », écrivait Chaptal en octobre 1789. De la maison démolie, il saura pourtant tirer les matériaux d'un bel édifice personnel : exemple typique de ces bourgeois, plus nombreux qu'on ne le croit, qui ne seront jamais révolutionnaires et qui sauront utiliser la Révolution pour une fructueuse carrière.
Né dans le Gévaudan, fils d'un grand propriétaire terrien, Chaptal fait ses études de médecine à Montpellier avant de monter à Paris pour étudier la chimie, puis de revenir en 1780 à Montpellier occuper la chaire de chimie nouvellement créée. Ce sont les applications industrielles de la science qui l'intéressent ; un riche mariage et un gros héritage l'ayant mis en possession d'une fort jolie fortune, il achète des terrains, établit des ateliers, expérimente ses découvertes : amélioration de la production de l'acide chlorhydrique ; « chaptalisation » des vins ; exploitation de l'alun et des pouzzolanes. « Je crois être le premier, dit-il, qui ait appliqué en France les connaissances c […]
