2. Londres (1859-1879)
Les débuts de la période londonienne marquent une inflexion sensible dans l'art de Whistler, dont le réalisme, qu'il n'abandonne pas pour autant, prend une tournure plus littéraire, sous la double influence de son travail d'illustrateur pour la revue Once a Week et des peintres qu'il fréquente, notamment des préraphaélites comme John Everett Millais ou Dante Gabriele Rossetti, ou des poètes comme Swinburne. Il n'en demeure pas moins relativement incompris du grand public des deux côtés de la Manche, comme le manifeste l'échec de sa Symphonie en blanc no 1-La Fille blanche (The National Gallery of Art, Washington). Peint à Paris durant l'hiver 1861-1862, ce portrait en pied de la maîtresse de Whistler, Joanna Hiffernan (qui est également un modèle de Courbet), est, malgré la réputation qui le précède, refusé par le jury de la Royal Academy en 1862. Exposé à Londres dans une galerie privée avec un certain succès au milieu d'œuvres d'autres artistes novateurs (William Powell Frith, Augustus Leopold Egg, Edward Poynter et Daniel Maclise), le tableau n'est pas accepté par le Salon à Paris, où il est en conséquence l'un des clous du Salon des refusés de 1863.
• Le japonisme
Les années 1860 voient également Whistler devenir un des protagonistes majeurs du mouvement japoniste, cette orientation se marquant aussi bien dans le sujet de certains tableaux, où apparaissent des objets d'art extrême-oriental, paravents, porcelaines, habits (La Princesse du pays de la porcelaine, 1863-1864, Freer Gallery of Art, Washington ; Caprice en pourpre et or-L'Écran doré, 1864, ibid. ; Pourpre et rose. Les Lange Leizen aux six marques, 1864, Museum of Art, Philadelphie), que dans l'esthétique même des œuvres, avec l'utilisation du format vertical ou de cadrages inspirés des estampes japonaises (Variations en violet et vert, 1871, musée d'Orsay, Paris ; Nocturne en bleu et or-Le Vieux Pont de Batterse […]
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