Avec Burke, Gentz et J. de Maistre, Mallet du Pan fut l'un des principaux théoriciens de la contre-révolution. D'origine suisse, il s'est imprudemment mêlé aux troubles de Genève, soutenant en 1766 la cause des « natifs », les immigrés récents, contre l'ancienne bourgeoisie, puis dénonçant en 1782, au nom du « juste milieu », la révolution genevoise. Contraint de s'exiler, il vient en France et il est chargé par Panckoucke en 1784 de relancer Le Mercure. À Paris, il se lie avec d'autres émigrés : Clavière, futur ministre des Finances, Étienne Dumont et surtout François d'Ivernois, qui, réfugié à Londres, devait critiquer ensuite l'œuvre financière de la Révolution. Les événements de 1789 sont accueillis par Mallet du Pan avec méfiance. Dès 1787, il écrivait : « La France étant incapable d'une délibération froide, l'est aussi d'un gouvernement libre où chacun doit discuter avec poids et mesure. » Étant étranger, il se croit tenu, au début de la Révolution, à une certaine réserve ; mais, après la prise de la Bastille, il s'inquiète de la tournure prise par les événements et devient le porte-parole des monarchiens Mounier, Bergasse, Malouet. À ses yeux, la Déclaration des […]
