2. L'histoire
• Le Moyen Âge
L'Islande ne semble pas avoir été connue de l'Antiquité. Il n'est guère probable, en effet, que ce soit la « Thulé » de Pythéas. Sa découverte fut le fait de moines irlandais du viiie siècle à la recherche d'îles désertes pour y mener une vie érémitique. Elle est mentionnée pour la première fois vers 825 par le géographe irlandais Dicuil. Ces clercs celtiques fréquentaient encore l'île quand les premiers Scandinaves y arrivèrent ; quelques toponymes rappellent leur séjour dans le Sud-Est.
Les sources du xiie siècle, seules précises, attribuent à un Suédois établi au Danemark le premier voyage en Islande ; le navigateur aurait été détourné par une tempête alors qu'il se rendait aux Hébrides. Mais ce furent des Norvégiens qui explorèrent et colonisèrent le pays. Le premier hivernage aurait eu lieu en 865, et le peuplement commença vers 870, à peu près sur le site actuel de Reykjavik. L'Islande offrait aux Norvégiens une terre absolument vide, riche en pâturages et en pêcheries, et relativement peu froide, malgré sa latitude. La culture n'y était guère possible. Cependant, les premiers colons firent des récits enthousiastes ; ils suscitèrent un fort mouvement d'immigration.
Les pionniers furent surtout des chefs de la Norvège occidentale, qui supportaient mal les premiers progrès du pouvoir royal ; ils vinrent accompagnés de vastes clientèles et de nombreux esclaves ; une très petite minorité danoise les rejoignit. Plusieurs avaient d'abord « fait métier » de Viking, dans les îles Britanniques et en ramenaient de nombreux Celtes, dont la trace anthropologique reste reconnaissable. Le souvenir des premiers établissements a été conservé par un précieux recueil compilé vers la fin du xiie siècle, la Landnámabók (Livre de la colonisation) : il énumère plus de mille immigrants, venus entre 880 et 930 environ, dont quatre cents chefs ; leurs descendants ont dominé toute l'histoire islandaise jusqu'au xive siècle.
Peu après la fin de la migration, l'Islande donna à son tour naissance à une colonie : le […]
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