L'usage actuel désigne par le nom de Vikings les Scandinaves qui, à quelque titre, ont été mêlés à la grande expansion outre-mer qui dura du viiie au xie siècle. Comme l'emploi que l'on fait de ce mot est souvent intempérant, il convient de préciser d'abord son origine et sa portée.
Le mot viking semble avoir appartenu au vocabulaire commun des riverains de la mer du Nord vers les xe et xie siècles, mais c'est seulement en scandinave qu'il a fait une carrière durable, et c'est au scandinave que les historiens contemporains l'ont emprunté quand ils ont renoncé à l'expression ambiguë de « Normands », préférée par les chroniqueurs médiévaux et par les auteurs du xixe siècle. L'étymologie du terme a été fort discutée. La plus vraisemblable reste la plus simple, c'est-à-dire celle qui le rapproche du vieux nordique vík, « baie » ; le víkingr serait donc d'abord le pirate qui fréquente les baies. Les sources nordiques ne l'emploient que pour ceux qui se dirigent vers le sud ou l'ouest : le monde slave ou byzantin est plutôt le domaine des Varègues (V/oringjar). Passé le xie siècle, le mot a fréquemment pris une nuance péjorative : le víkingr désigne alors le brigand, le fier-à-bras ou le spadassin professionnel.
L'expansion maritime scandinave, commencée au cours du viiie siècle, se prolongea trois siècles durant et affecta toutes les mers baignant l'Europe. On ne saurait donc l'étudier utilement qu'en établissant une « périodisation » critique et en tenant le plus grand compte de la diversité des points de départ et d'aboutissement. En effet, la distinction de plusieurs « âges des Vikings » est indispensable à une saine compréhension historique du mouvement.
Dans le domaine artistique, la période des Vikings forme un tout depuis le début du viiie jusque vers le milieu du xiie siècle. Elle coïncide, d'une part, avec un épanouissement particulièrement brillant du décor dans le monde scandinave, et, d'autre part, avec l'expansion hors de Scandinavie, surtout dans les îles Britanniques, à un moindre de […]
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