Perdue dans l'océan Indien à 600 kilomètres à l'est de l'île Maurice et éloignée des grandes voies maritimes, la minuscule (108 km2) île Rodrigues, qui, elle aussi, fait partie de l'archipel des Mascareignes, reste peu connue malgré la splendeur de son lagon qui tranche avec l'austérité d'un paysage montagneux et très érodé. Ses quelque 38 400 habitants sont essentiellement des pêcheurs et agriculteurs créoles, de souche française, et catholiques. La communauté rodriguaise forme incontestablement un groupe culturel distinct au sein de l'ensemble mauricien, dont elle est une composante depuis le début du xixe siècle, le peuplement n'ayant véritablement commencé que dans la seconde partie du xixe siècle.
Rodrigues a été colonie française de 1725 à 1809 sous le nom d'île Marianne après avoir été « occupée » — au cours d'un séjour forcé, de 1691 à 1693 — par un groupe de huguenots français conduit par le Bressan Leguat de La Fougère. Passée sous domination britannique, elle est rattachée administrativement à l'île Maurice, elle-même colonie anglaise, dont elle sera une « dépendance » pratiquement oubliée et négligée. En 1968, année où l'île Maurice accède à l'indépendance, Rodrigues devient partie intégrante de cet État dont elle constitue un district.
Malgré des liaisons maritimes très espacées entre les deux îles et destinées surtout à ravitailler Rodrigues, celle-ci n'a commencé à sortir de son isolement qu'à partir de 1975, avec l'établissement d'une liaison aérienne. Le tourisme, longtemps peu développé, connaît un certain essor depuis l'allongement, en 2002, de la piste d'atterrissage.
La même année, en vertu d'un statut d'autonomie voté en novembre 2001 à Maurice, Rodrigues a élu sa première assemblée régionale (18 membres). Un chef commissaire assure l'exécutif.
Charles CADOUX
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