2. De l'île déserte à la nation
• « Étoile et clé de la mer des Indes »
Trouvée déserte par les Portugais, l'île Maurice est fréquentée par les Européens sur la route des Indes au xvie siècle. Les Hollandais la baptisent et l'occupent pour son ébène de 1598 à 1710. Recolonisée depuis Bourbon en 1721, elle devient l'île de France. Les débuts sont difficiles sous le monopole de la Compagnie des Indes. Rendue au roi, elle devient une base majeure pendant la montée de la rivalité franco-anglaise pour le contrôle de l'Inde. Elle dirige les Mascareignes, colonise les Seychelles, commerce avec l'Inde, se livre à la traite à Madagascar et sur la côte du Mozambique pour développer ses plantations. Autonome sous la Révolution française, elle devient le centre de la guerre de course dans l'océan Indien et fait commerce du riche butin ramené par Surcouf et ses émules, mais elle tombe en 1810 aux mains des Anglais, et le traité de Paris de 1814 en fait une colonie britannique où reste curieusement en vigueur l'essentiel des codes napoléoniens. Le xixe siècle est marqué par le développement considérable de la culture de la canne, mais, en 1835, l'émancipation des esclaves, qui représentent alors les sept dixième de la population, suscite une crise de main-d'œuvre. Les colons y remédient en introduisant, jusqu'en 1907, plus de 450 000 travailleurs indiens « engagés », dont plus de 280 000, restés dans le pays, pénètrent peu à peu tous les secteurs de l'économie et bientôt la vie politique. À la suite de la Seconde Guerre mondiale, les réformes dont bénéficie l'île Maurice facilitent leur marche au pouvoir.
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