3. Le dernier témoin d'une époque
L'engouement pour les productions du maître de l'architecture « végétaliste » est passé. Le Figaro ne soutient plus le Modern Style, il demande même la destruction des édicules de Guimard que ses collaborateurs portaient naguère aux nues.
Il en fallait davantage pour décourager une personnalité aussi forte ; ne désignait-il pas ses propres œuvres sous l'expression de « style Guimard » ? Ainsi les présente-t-il à la première Exposition internationale de l'habitation qui se tient au Grand Palais en juillet 1903, et l'on pouvait acheter la série de vingt cartes postales qui leur sont consacrées et portaient la même mention.
Ami de l'industriel Léon Nozal, il lui construit un hôtel, 52, rue du Ranelagh en 1904-1905 – détruit en 1957 – et les clients bourgeois du XVIe arrondissement ne lui font pas défaut : deux immeubles de rapport, 142 avenue de Versailles (1903-1905), six immeubles rue Agar (1909-1911) pour une société dont il est actionnaire. À la suite de son mariage, en 1909, avec le peintre Adeline Oppenheim, c'est dans ce quartier de l'ouest parisien – où le terrain est le plus cher de la capitale – qu'il construit son hôtel, 122, avenue Mozart : 90 mètres carrés au sol, six niveaux – trois chambres de bonne –, un ascenseur et un escalier intérieur, le monogramme du maître sculpté au-dessus de la porte.
Au Salon des artistes décorateurs de 1907, il a encore envoyé du mobilier traduisant son inextinguible soif du décor tourmenté, mais en 1913, dans la synagogue de la rue Pavée, il emploie le béton et ne conserve plus, de ses coups de fouet, qu'une douceur dans les profils et une ornementation végétale très discrète.
À l'Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, en 1925, Guimard est présent avec une mairie de village et il suit de près l'évolution des techniques puisqu'il a pris des brevets pour la fabrication en série d'éléments standardisés destinés à être ensuite assemblés en constructions diverses. En 1927, pour son dernie […]
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