Comme un certain nombre de botanistes de son époque, Mendel était prêtre ; mais il ne faut pas l'imaginer comme un pur amateur cloîtré dans quelque monastère puisqu'il sera, en 1862, l'un des fondateurs de la Société des naturalistes (Naturforschender Verein) de Brünn.
L'absence de tout tâtonnement dans ses expériences sur l'hybridation, comme l'exceptionnelle sûreté de cet énorme plan de travail signifient probablement qu'il s'agissait surtout de vérifier une hypothèse déjà élaborée. Ignorée lors de sa publication, l'œuvre de Mendel ne sera reconnue que trente-cinq ans plus tard à la suite des travaux indépendants de trois botanistes, H. de Vries, K. E. Correns, E. Tschermak (1900).
1. Homme de religion et homme de science
Né à Heinzendorf en Moravie, dans une famille de paysans pauvres, Johann Mendel entra à vingt et un ans dans l'ordre des Augustins à Brünn (aujourd'hui Brno, Tchécoslovaquie) où il prit, dès son noviciat, le nom de Gregor. Ordonné prêtre en 1848, il se consacra à l'enseignement pendant une vingtaine d'années, mais eut la déception de ne jamais obtenir le diplôme de professeur titulaire de l'enseignement public. Après un premier échec en 1850, il fit, aux frais de sa communauté, un séjour de deux ans (1851-1853) à l'université de Vienne pour s'y perfectionner en physique (sous le magistère de C. Doppler), zoologie, botanique et paléontologie. En 1856, il dut, pour des raisons de santé, se retirer des épreuves pour le titre de professeur de sciences physiques et naturelles. Il regagna Brünn où, depuis deux ans déjà, il enseignait les sciences au collège moderne d'État. C'est là, occupant ses loisirs à des recherches multiples : apiculture, météorologie, botanique, qu'il entreprit une série d'expériences d'hybridation sur le pois, qui vont s'étendre sur huit ans. Élu en 1868 supérieur de son couvent, Mendel abandonne vers 1870 ses recherches sur l'hybridation, limite ses observations à la météorologie et, jusqu'à sa mort, consacre ses forces aux affaires de sa communauté[…]
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