2. L'hybridation végétale
L'hybridation végétale – qui avait été au xviiie siècle un moyen essentiel de démontrer l'existence d'une sexualité chez les plantes – s'était révélée, depuis les recherches du botaniste allemand J. G. Kölreuter (1760 et années suivantes), un domaine des plus décevants. Des hybridations réalisées, on attendait en vain des conclusions concernant une série de questions se rapportant toutes au type global des plantes en présence : degré d'affinité des deux formes souches ; prépondérance éventuelle de l'une d'elles (d'après la ressemblance plus marquée de l'hybride avec elle et d'après la vitesse plus ou moins grande avec laquelle les hybrides « retournaient » à cette souche par croisements successifs avec elle) ; possibilité pour l'hybride de se maintenir à la façon d'une espèce nouvelle (K. F. von Gärtner, Versuche und Beobachtungen über die Bastard-erzeugung in Pflanzenreiche, 1849).
La possibilité pour les hybrides de préserver leur type au fil des générations apparaissait de plus en plus douteuse. C. Naudin établit en 1861 que, lorsqu'on utilise des formes pures, les hybrides de première génération sont tous identiques entre eux, à la façon d'un nouveau type homogène (inégalement proche des deux progéniteurs suivant le cas), mais que, dès la génération suivante, chez les produits de son autofécondation, on observe « une extrême bigarrure » de formes plus ou moins insolites, au travers desquelles le « retour » aux espèces mères se réalise capricieusement quoique inéluctablement. (« Nouvelles recherches sur l'hybridité dans les végétaux », in Nouv. Arch. Mus. Hist. nat., 1866).
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