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ROUAULT GEORGES (1871-1958)

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Fleurs, G. Rouault

Si l'historien et le critique sont en droit de se demander où se situe tel ou tel créateur dans le panorama des arts de son siècle, quelles affinités et quel rayonnement il convient de lui reconnaître, s'agissant de Rouault les questions de cet ordre semblent inadaptées. Sans avoir jamais voulu passer pour un génie excentrique, Rouault, en effet, ne fut d'aucune avant-garde, d'aucun mouvement, d'aucune école. Tant par son style pictural, si personnel en dépit des multiples réminiscences qui s'y fondent, que par son inspiration morale et sa thématique chrétienne, il échappe à tous les courants majeurs de l'art moderne, de l'expressionnisme au surréalisme et du cubisme à l'abstraction. Il leur échappe, sans jamais toutefois leur être complètement étranger, au moins dans ses solutions plastiques. Rouault, à dire vrai, fut un solitaire, et, par-dessus tout, un indépendant : son art – métier et ascèse – ne pouvait voir le jour, se développer et s'accomplir qu'au prix d'un tel retrait. Cette attitude rare est sans doute la grande leçon de Rouault à notre temps, dans la mesure où elle assigne à l'effort créateur une double dimension, concrète et métaphysique tout à la fois.

1.  Origines et formation

Georges Rouault est né le 27 mai 1871 dans une cave de Belleville, dernier bastion de la Commune, sous la canonnade des Versaillais. L'idée qu'il devait se faire par la suite des circonstances de sa propre naissance ne pouvait que marquer sa vision du monde, à jamais dramatique, et éclairer d'un jour particulier le sens de sa destinée : « Je crois [...], au milieu des massacres, des incendies et des épouvantements, avoir, de la cave où je suis né, gardé dans les yeux et dans l'esprit la matière fugitive que le bon feu fixe et incruste » (lettre à A. Suarès, 27 avril 1913). Issu d'une famille d'artisans modestes (son père était ébéniste, sa mère couturière), Rouault acquit les rudiments d'une culture picturale, le goût et le respect des choses de l'art, au contact de son grand-père maternel, Alexandr […]

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Écrit par :  Michel HOOG

Dans le chapitre "Historique"  : …  La principale pépinière des fauves fut l'atelier de Gustave Moreau à l'École des beaux-arts, où *Rouault, Matisse, Marquet, Camoin, Manguin, Puy et quelques autres devaient nouer des relations durables. En 1898, Derain rencontre Matisse et Puy dans une petite académie libre où Carrière venait corriger de temps à autre et, en 1900, débute entre… Lire la suite
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Dans le chapitre "Pastel"  : …  déjà par le xviiie siècle –, en reprenant sa matière à l'estompe, à l'eau même. *Rouault ira plus loin en y mêlant de la peinture « humide » à l'eau ou à l'huile. Le xxe siècle se proposera, dès lors, la création de pastels à l'huile, pour assurer plus d'adhésivité et plus de solidité dans les tons, car la… Lire la suite

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