En travaillant sur les codes de l'horreur contemporaine générée par la perte d'identité de l'homme face, entre autres, aux mutations sociales et génétiques, George A. Romero a bâti un univers à la fois réaliste, métaphorique et respectueux du « genre fantastique », à une époque où ce dernier est miné par la parodie. Il a aussi renouvelé le sous-ensemble de films de zombies à travers une tétralogie qui s'étend de 1968 à 2005 (La Nuit des morts-vivants, 1968 ; Zombie, 1978 ; Le Jour des morts-vivants, 1985 ; Le Territoire des morts-vivants, 2005). Si cette prestigieuse saga fait d'emblée de Romero un grand maître de la défiguration plastique qui pourvoie le cinéma fantastique d'une iconographie inédite, c'est la réflexion sur le devenir de l'humanité qui préoccupe l'auteur tant face à la société mercantile (Knightriders, 1981) que devant les progrès de la biologie (Incidents de parcours, 1988), ou en présence des forces déstabilisatrices de l'art, The Dark Half (La Part des ténèbres, 1993).
Fils d'un graphiste new-yorkais spécialisé dans la création d'affiches, George A. Romero naît en 1940 à Ne […]
