2. Orientations et méthodes
Dans son souci d'une analyse globale de la surface de la Terre, le géographe se voit reprocher une prétention excessive : il toucherait à tout et resterait superficiel. Il a du reste lui-même conscience du danger. Certes, l'idéal demeure, pour lui, de dominer les divers secteurs de sa spécialité, d'être à la fois « physicien » et « humain ». Aussi bien comment n'être pas l'un et l'autre en géographie régionale ? Dans certains pays, il est encore d'usage de se spécialiser le moins possible et de démontrer, par des travaux à la fois de géographie physique et humaine, qu'on est un géographe complet. Mais il est évidemment de plus en plus utopique d'imaginer un géographe capable d'utiliser toutes les méthodes nécessaires, de connaître une documentation sans cesse accrue par la multiplication des publications non seulement de géographie, mais aussi de toutes les disciplines et techniques dites annexes. Ce serait supposer non seulement des capacités intellectuelles exceptionnelles, mais encore une organisation de la documentation qui n'existe dans aucun pays ni sous une forme internationale.
• La limitation de l'objet de la géographie et ses dangers
Certains géographes ont cherché, surtout depuis la Seconde Guerre mondiale, à délimiter la géographie en réduisant l'étendue de son objet, toujours plus démesuré par la précision et la variété croissantes des méthodes de recherche, l'amplitude grandissante de la documentation nécessaire. Mais il y a bien des façons, toutes dangereuses, de limiter l'objet de la géographie.
L'une, fort simple, consiste à ignorer les méthodes nouvelles, à faire, par exemple, de la géomorphologie sans pétrographie ou sédimentologie, de la géographie économique sans utiliser les statistiques économiques ou financières. Une autre méthode limite la documentation, ignore, par exemple, les travaux étrangers, en quelque langue que ce soit, et borne ses références à une seule langue, fût-elle l'anglais. Dans un cas comme dans l'a […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 30 pages…



