Quelques mois avant de périr sur l'échafaud, Antoine-Laurent Lavoisier proposait à l'Académie des sciences de décerner un prix à qui pourrait répondre aux questions qu'il posait de la façon suivante, où apparaît l'idée de biosphère, sinon le mot : « Les végétaux puisent dans l'air qui les environne, dans l'eau et en général dans le règne minéral les matériaux nécessaires à leur organisation. Les animaux se nourrissent de végétaux, ou d'autres animaux, qui ont été eux-mêmes nourris de végétaux, en sorte que les matériaux dont ils sont formés sont toujours, en dernier résultat, tirés de l'air ou du règne minéral. Enfin, la fermentation, la putréfaction et la combustion rendent continuellement à l'air de l'atmosphère et au règne minéral les principes que les végétaux en ont emprunté.
« Par quels procédés la nature opère-t-elle cette circulation entre les trois règnes ? Comment parvient-elle à former des substances fermentescibles, combustibles et putrescibles avec des combinaisons qui n'avaient aucune de ces propriétés ? »
Ayant ruiné la théorie du phlogistique, ayant prouvé que « rien ne se perd, rien ne se crée » dans la nature, Lavoisier concevait donc le mo […]
