Né en 1967, François Ozon intègre La F.E.M.I.S. en 1990 après une maîtrise de cinéma à l'université de Paris-I et une trentaine de films tournés en super 8. Très vite, il réalise de nombreux courts-métrages remarqués dans les festivals. Avec ses films souvent brillants, spectaculaires et toujours très variés, il est le jeune cinéaste le plus prolixe (dix longs-métrages entre 1997 et 2007) et le mieux reconnu à l'étranger. En France, il plaît ou agace mais ne laisse pas indifférent : ses goûts hétéroclites ont étonné dès ses études, lui permettant de s'affirmer avec conviction comme un auteur éclectique. Ozon dit avoir appris le métier en regardant les films de Chabrol et de Truffaut. En début de carrière il a aimé choquer (Regarde la mer, 1997 ; Sitcom, 1998 ; Gouttes d'eau sur pierres brûlantes, 1999) et agresser le spectateur. Puis, progressivement, il a préféré travailler l'ambivalence (Sous le sable, 2001 ; Swimming Pool, 2003). Cet excellent directeur d'actrices qui découvre Ludivine Sagnier, relance Charlotte Rampling et orchestre le show dramatique de Huit Femmes (2002) aime filmer l'évolution d'un personnage qui effectue un trajet intérieur quand il se trouve impliqué dans des conflits violents. Le metteur en scène cultive alors l'artifice et la stylisation qui lui permettent paradoxalement de faire émerger la vérité de héros fragiles lancés dans un univers volontiers somptueux, voire esthétisant.
Se mesurant avec constance au film psychologique, François Ozon aime faire dériver le genre vers des rivages tortueux. Ainsi, après Une robe d'été (1996), court-métrage jouant avec audace la carte de l'indécision sexuelle sur l'air du Bang-bang de Sheila, Ozon réalise avec Regarde la mer, un moyen-métrage dans l'esprit de Roman Polanski, travaillant la durée en jouant d'une sensibilité exacerbée par le soleil et le sel marin qui font monter le désir de la jeune femme tandis qu'en montage parallèle son bébé, laissé aux « bons soins » d'une routarde aux goûts vampiriques, se trouve de plus en plus mis […]
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