Dans le paysage du cinéma américain actuel, le parcours de Steven Soderbergh ne ressemble à nul autre. Depuis 1989 et Sexe, mensonges et vidéo, son premier film récompensé d'une palme d'or au festival de Cannes, il n'a pas cessé d'étonner et de prendre des risques... Un pied dans le système hollywoodien dont il a su plus d'une fois profiter pour donner libre cours à des projets faussement traditionnels ; un pied en dehors quand il décide de mener à bien, avec les moyens du bord, un film expérimental, le cinéaste multiplie les expériences paradoxales, au risque de dérouter le grand public ainsi que la frange la plus conformiste de la critique cinématographique, déstabilisée par ce parcours hors normes.
Né à Atlanta (Georgie) en 1963, nourri par une cinéphilie plus européenne qu'américaine (Resnais et Antonioni sont deux de ses maîtres), Steven Soderbergh dirige des courts-métrages dès son adolescence. Tourné sans grands moyens, Sexe, mensonges et vidéo, fiction à la fois ludique et cérébrale sur les tourments identitaires et sexuels de quelques Américains ordinaires, bénéficie de l'impact médiatique cannois et fait connaître son auteur dans le monde entier […]
