Artistes flamands. Cornelis Floris fut un propagateur de l'italianisme dans le domaine de l'architecture et de la sculpture. On lui doit surtout l'hôtel de ville d'Anvers (1561) ; comme son frère Frans, Cornelis conserve, sous un vernis italien, une tradition flamande accusée.
Frans Ier de Vrient, dit François Floris, petit-fils et fils de sculpteur, se consacra d'abord à l'étude de la sculpture sous la direction de son oncle, à Anvers, avant de devenir l'élève de Lambert Lombard à Liège, où il aura la révélation de la peinture italienne, en particulier celle d'Andrea del Sarto. Admis à la guilde de Saint-Luc d'Anvers en 1540, il part pour l'Italie et arrive à Rome pour découvrir la dernière œuvre de Michel-Ange, Le Jugement dernier de la chapelle Sixtine, qui semble l'avoir durablement impressionné.
Dans son plus célèbre tableau, La Chute des anges rebelles, peint en 1554 pour la guilde des escrimeurs (musée royal des Beaux-Arts, Anvers), on perçoit les réminiscences romaines dans la composition tumultueuse où s'affrontent des créatures infernales, inspirées de Jérôme Bosch, et des personnages à la vigueur michelangelesque. Toutefois, l'artiste ne s'affirme ni originalement flamand ni franchement italianisant, et cette ambiguïté a fait généralement préférer ses portraits.
Les portraits, signés et datés de 1558, une Femme âgée (musée de Caen) et un Fauconnier (musée de Brunswick), son pendant présumé, sont d'une troublante présence psychologique, soutenue par une subtile vibration de tonalités grises et brunes.
Parmi les nombreuses attributions controversées, La Famille Van Berchem (musée de Lierre) annonce le portrait collectif d'Hals ou de Rubens, par la cohésion des personnages placés autour d'une table. De la même année 1561, Le Banquet des dieux marins (musée national, Stockholm) contraste par sa composition tourmentée et son coloris grisâtre, éclairé seulement dans la partie inférieure.
La virtuosité de Floris, qui lui valut le surnom, sans grand fondement, de Raphaël du Nord, s'exerça aussi dans des décors triomphaux destinés à des entrées royales, celle de Charles Quint à Anvers, en 1549, et celle de Philippe II, en 1556. La légende s'est même emparée de sa vie de joyeux buveur pour confirmer ses dons de facilité !
Dans son œuvre abondante, il semble difficile de démêler la part exacte qui lui revient, son atelier ayant été fréquenté par plus d'une centaine d'élèves, qui furent probablement aussi ses collaborateurs, dont Frans Pourbus, Martin de Vos...
À sa mort, son influence italianisante sur la peinture flamande est très grande, et seule la forte personnalité de Rubens y mettra un terme.
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