Vasari raconte que le jeune Andrea del Sarto, au temps de son apprentissage chez Piero di Cosimo, passait tous ses instants de liberté dans la « Salle du pape » à Sainte-Marie-Nouvelle, où étaient exposés le carton de Michel-Ange pour La Bataille de Cascine et celui de Léonard pour La Bataille d'Anghiari. L'anecdote est d'autant plus plausible que l'art d'Andrea del Sarto resta constamment imprégné du style de ces deux maîtres, bien qu'il doive aussi beaucoup à Raphaël : il sut, en somme, se tourner vers les plus grands exemples que pouvait alors lui offrir Florence. Ses œuvres en témoignent par l'équilibre des compositions et la densité des formes, par l'ambiance poétique, émouvante, que suscitent le jeu du clair-obscur, la moiteur de l'atmosphère et la sérénité harmonieuse de l'espace. Ses portraits sont également très marqués par Raphaël (Portrait d'un architecte, National Gallery, Londres ; La Femme de l'artiste ( ?), musée du Prado). Les épisodes de la Vie de san Filippo Benizzi (Santissima Annunziata, 1509-1510) se déroulent dans de grands paysages clairs. Au cloître des Scalzi, les allégories des Vertus (1512-1515) son […]
