L'œuvre de Bosch, qui fut ensevelie pendant trois siècles, occupe en notre esprit une place majeure. Elle a donné lieu aux sentiments les plus contraires, et parfois simultanément. On la tint pour l'expression même du Moyen Âge ; mais elle est contemporaine de Vinci. Elle passa pour plaisante et profonde, réaliste et extravagante, édifiante et licencieuse, orthodoxe et hérétique, capricieuse et concertée, débridée et méthodique. Archives, documents, témoignages se réduisent à presque rien. Délice, énigme ? Pour l'essentiel, c'est l'œuvre seule et nue qui se propose à nous. Délice nourri de douleurs, énigme lumineuse.
Pour vifs que soient ses attraits immédiats, cette œuvre, par l'étonnement dont elle nous saisit, nous oblige à lui découvrir un sens. Mais vouloir déchiffrer cet univers comme s'il s'agissait d'un délire ou d'un songe – reflet d'un siècle ou d'un esprit que torture l'angoisse, ou le désir – ce serait nier qu'un dessein volontaire l'anime. Ce dessein est indéniable ; mais il est presque toujours marqué du sceau de l'hermétisme. Autre difficulté : les symboles et les formes qui s'entrelacent dans l'œuvre procèdent de sources très diverses. On ne lui trouvera p […]
Autres références
« BOSCH JÉRÔME (1450-1460 env.-1516) » est également traité dans :
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Auteur :
Claude-Henri ROCQUET
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Une villageoise, dans le coin gauche, ligote un diablotin : Satan n'est plus qu'un croquemitaine. *Le démoniaque tient pourtant dans cette œuvre une place importante. Dessinateur, Bruegel a popularisé les motifs de sorcellerie familiers à Bosch et à son école. La Dulle Griet ou Margot l'enragée pourrait passer pour un Hommage…
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CONTEXTE, arts
Auteur :
Frédéric ELSIG
se prêtent particulièrement à ces projections anachroniques. Pour prendre un exemple significatif,* Jérôme Bosch a été successivement interprété comme un « faiseur de diables », comme un champion du moralisme de la Contre-Réforme et, après une longue éclipse, comme un génie solitaire et hérétique, porte-parole d'un Moyen Âge fantastique. Il est…
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FANTASTIQUE
Auteurs :
Roger CAILLOIS, Jean-Claude ROMER
Dans le chapitre "Le fantastique déclaré : jeu et système" : …
plus dépaysante impression. Une fois lancé sur cette piste, est-il possible de s'arrêter si vite ? *Jérôme Bosch, que beaucoup tiennent pour le peintre fantastique par excellence, ne procure pas à tout le monde l'impression d'étrangeté irréductible, qu'il est après tout raisonnable de proposer, jusqu'à plus ample informé, comme pierre de touche du…
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FRAENGER WILHELM (1890-1964)
Auteur :
Claude-Henri ROCQUET
*Historien d'art allemand que Roger Lewinter, son traducteur en France, situe aux côtés d'un Wölfflin ou d'un Friedländer, mais reste encore peu connu en Allemagne. Wilhelm Fraenger a évolué du Kunstgeschichte (histoire de l'art) au Volkskunde (histoire des religions, art populaire, folklore). Il a consacré plusieurs ouvrages à…
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MONSTRES, esthétique
Auteur :
Gilbert LASCAULT
Dans le chapitre "Préoccupations allégoriques" : …
par le producteur de l'œuvre. D'autres, au contraire, se fondent sur son silence : les monstres de* Bosch ont pu être lus comme symboles alchimiques, rosicruciens, ou liés à la doctrine des frères et sœurs du Libre-Esprit (cf. W. Fraenger, Le Royaume millénaire de Jérôme Bosch). Ainsi des discours multiples se dissimulent, selon les…
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Bibliographie
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C. Mettra, Jérôme Bosch, Paris, 1982
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