Les fièvres hémorragiques à virus retiennent particulièrement l'attention des autorités sanitaires, parfois d'une façon dramatique, comme dans le cas de la fièvre de Lassa (découverte en 1969), et suscitent d'intenses recherches virologiques et épidémiologiques.
Ces fièvres hémorragiques virales ont un syndrome clinique de base commun, sur lequel se greffent des particularités propres à chacune d'elles. D'une façon très générale, après une incubation silencieuse de quelques jours suivant le contact infectant, le début est rapide ou brutal ; il se traduit par de la fièvre avec des céphalées, des douleurs musculaires et articulaires, parfois une pharyngite et des nausées. Après trois à cinq jours apparaissent les manifestations hémorragiques caractéristiques sous forme de gingivorragies, d'épistaxis, puis, dans les formes plus graves, d'hémoptysies, d'hématémèses, de diarrhée sanglante. La mort peut survenir au cours de la deuxième semaine par choc ou hémorragie.
Chacune de ces fièvres hémorragiques virales a une distribution géographique particulière et des caractéristiques étiologiques et épidémiologiques qui lui sont propres. Des modifications du milieu par défrichement, mise en culture, colonies de peuplement peuvent entraîner l'apparition de fièvres hémorragiques déjà connues dans des zones jusqu'alors indemnes, mais aussi de « nouvelles » fièvres hémorragiques encore inconnues peuvent émerger soudain de leur réservoir naturel et provoquer de dramatiques épidémies comme ce fut le cas en 1976 au Soudan et au Zaïre avec la fièvre hémorragique africaine à virus Ebola qui a récidivé en 1995.
Pour certaines fièvres hémorragiques, dues à des arénavirus, aucun arthropode vecteur n'intervient dans le cycle de transmission. C'est le cas, outre la fièvre de Lassa en Afrique, des trois fièvres hémorragiques d'Amérique du Sud : la fièvre hémorragique d'Argentine à virus Junin, celle du Brésil à virus Sabia et la fièvre hémorragique de Bolivie à virus Machupo. Les réservoirs naturels de ces deux […]
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