La dépression intramontagnarde de Fergana occupe 22 000 kilomètres carrés, dont 17 000 appartiennent à l'Ouzbékistan, le reste étant partagé de manière à peu près égale entre le Tadjikistan et le Kirghizstan. Dominée de tous côtés par de très hautes montagnes atteignant 4 000 mètres au nord et à l'est et 7 000 mètres au sud, la plaine de Fergana (300 km de longueur, 100 km de largeur) doit son existence à un gigantesque effondrement progressif commencé dès la fin du Secondaire, poursuivi tout au long du Tertiaire et une partie du Quaternaire, si bien que sédiments et formations détritiques s'y sont accumulés sur plusieurs milliers de mètres d'épaisseur. En surface, les torrents qui dévalent les versants des montagnes bordières ont construit d'imposants cônes de déjection, ceux qui se trouvent au sud de la plaine étant particulièrement bien développés.
Longtemps malarienne en son cœur, la plaine de Fergana est occupée depuis la plus haute antiquité sur ses bordures, où les hommes ont très tôt organisé des réseaux de canaux d'irrigation fonctionnant par gravité et conduisant vers les champs l'eau transportée en abondance au cours de l'été par des fleuves au régime glacio-niv […]
