Né à Carcassonne, Ferdinand Alquié avait gravi tous les échelons de la carrière universitaire ; ayant commencé comme maître d'internat, il devait devenir professeur à la Sorbonne puis membre de l'Institut. Son œuvre, très importante, relève à la fois de la philosophie et de l'histoire de la philosophie, celle-ci éclairant celle-là et réciproquement. En ce sens, rien n'est plus instructif qu'une lecture parallèle de ses deux thèses de doctorat (1950), La Nostalgie de l'Être et La Découverte métaphysique de l'homme chez Descartes, ce penseur dont l'itinéraire analytique est le reflet de ce qui constitue l'essence même de toute réflexion philosophique authentique. Pour Alquié, en effet, il existe une démarche éternelle et universelle qui se retrouve chez tous les philosophes dignes de ce nom ; c'est pourquoi, contrairement à ce que pensait Bergson, il est très éclairant d'étudier les recherches d'un penseur à partir de celles d'un autre.
Loin de vouloir ressusciter quelque dogmatique « philosophie éternelle », Alquié a voulu lire, surtout dans Platon, Descartes et Kant, ce qui nous permet de penser notre condition, mais non pas d'en sortir. Notre existence e […]
