Des nombreux « enfants prodiges » qu'Hollywood a élevés au rang de star, Elizabeth Taylor est celle qui aura connu la carrière la plus longue, s'étendant sur plus de quarante ans – et également la plus brillante. Enfant-star débutant entre autres dans la série des Lassie, elle passe aisément le cap difficile de l'adolescence (Les Quatre Filles du docteur March) et joue très tôt les jeunes femmes adultes (Le Père de la mariée). Deux films la portent au rang de star pleinement adulte, Une place au soleil et Géant. Beauté, énergie et passion sont ses atouts, ce qui n'exclut pas les qualités d'une actrice instinctive qui a su apprendre son métier rôle après rôle. Au début des années 1980, un livre la consacre « la dernière des stars ». En effet, le morceau d'anthologie que constituait en 1963 l'entrée à Rome d'Elizabeth Taylor en reine d'Égypte dans Cléopâtre, de J. L. Mankiewicz, marque à la fois l'apogée de la mise en scène hollywoodienne fastueuse et le zénith de l'image de la star. Telle une icône, elle paraît perpétuer une époque révolue alors qu'Hollywood se transforme sous le choc de la télévision et l'influence du cinéma européen. C'est moins dans la suite de sa carrière qu'elle se montre le plus « star » que dans sa vie privée généreusement médiatisée : ses huit mariages, dont deux avec Richard Burton, ses colères, ses caprices, l'alcool, son goût du clinquant (robes, coiffures, diamants...), la mort accidentelle de celui qui fut sa grande passion, le producteur Mike Todd, une opération d'une tumeur au cerveau en 1997, son engagement contre le sida...
1. A star is born
Elizabeth Rosemond Taylor est née le 27 février 1932 à Londres, où ses parents, commerçants américains en objets d'art, avaient ouvert une galerie de tableaux. En 1939, ils quittent l'Europe pour Los Angeles, où un ami remarque la beauté de la fillette et la pousse vers le cinéma, d'autant plus aisément que Mme Taylor mère fut actrice de théâtre jusqu'à son mariage. Elizabeth débute ainsi à dix ans chez Universal, avan […]
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