Comme la plupart des autres provinces de l'ancienne France, le Dauphiné doit sa personnalité non pas tant à sa nature physique, malgré les apparences, qu'à la volonté des hommes : cette nature est si hétérogène que l'on pourrait imaginer de tout autres contours, partant un autre passé, à l'entité politique que le Moyen Âge légua à l'âge moderne et qui, simple ressort administratif désormais, disparut en 1790.
Des reliefs infiniment divers compris entre 33 et 4 102 mètres d'altitude avec tous les types de montagnes, de plateaux, de plaines ; un éventail de sols lié au fort compartimentage naturel ; un carrefour de climats dont la variété doit peu à la superficie globale ; d'insuffisantes ressources, n'étaient celles que procurent aujourd'hui l'hydroélectricité, ainsi que l'invitation au voyage et à la pratique massive des sports de l'alpe, tel est ce pays dauphinois dans ses contrastes et sa rudesse, exigeant l'effort humain ; beau, certes, mais dont on ne s'étonnera pas qu'il ait opposé plus d'obstacles que d'autres, et plus longtemps, à l'œuvre unificatrice de ses trois dynasties autochtones et des dauphins de France.
Point de principauté avant le xie< […]
