3. La littérature copte
• Passage du pharaonique au copte
Les premiers écrits dont puisse faire état la langue copte sont des pièces de transition. Il s'agit de transcriptions en lettres grecques (augmentées de sept lettres dérivant de signes égyptiens) de mots, puis de courts textes de la langue pharaonique. Elles sont la conséquence du bilinguisme créé dans l'administration sous les Ptolémées. Les plus anciens écrits connus remontent au iie siècle avant J.-C. : le graffite d'une titulature royale découvert à Abydos, une inscription sur pierre d'Achmounein, un fragment de glossaire bilingue. L'écriture jusque-là réservée à un mandarinat devenait accessible à la masse.
Le monde païen
Les textes où se manifeste une langue pratiquement fixée – dernière étape de la langue de l'Égypte ancienne avec deux catégories de mots nouveaux, ceux de l'administration, ceux de la religion – remontent au ier siècle de notre ère. Horoscopes ou formules d'exécration, ils relèvent de la magie et sont sans doute des traductions. La littérature magique plus directement copte se prolongera jusqu'à nos jours, surtout en formules couchées sur parchemin puis sur papier, servant d'amulettes. Le caractère exclusif du genre dans les débuts montre que l'initiative est partie du milieu sacerdotal des temples pharaoniques, maître depuis toujours, en vertu de la conception propre à cette religion, de l'appareil de la magie.
Ce milieu n'était pas moins ouvert aux courants d'idées du monde hellénistique, et notamment à ceux qui, devant la ruine des religions jusque-là dominantes, essayaient de saisir l'origine des forces de la nature. Ainsi s'explique auprès de l'élite, et aussi auprès de la masse, grâce à l'usage d'une écriture plus « lisible », le succès des écrits gnostiques et manichéens. Un lot très important des premiers (49 traités sur papyrus en 13 volumes), datant du ive siècle après J.-C., a été découvert en 1946 à Chénoboskion près de Nag Hammadi en Haute-Égypte. […]
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