Cinéaste d'origine belge, naturalisé français en 1928. Après avoir envisagé sans succès une carrière militaire, Jacques Feyder devient acteur de théâtre puis de cinéma en France dès 1912. Il débute dans la réalisation en 1915 pour la firme Gaumont, où il fera en deux ans une quinzaine de films. Après l'interruption d'un an de guerre (dans l'armée belge), il revient au cinéma et, en 1920-1921, réalise L'Atlantide, film assez médiocre, mais qui lui vaut immédiatement la célébrité grâce à la popularité du roman de Pierre Benoit ; puis plusieurs films dont le succès est moindre, notamment Crainquebille (1922), qui vaut surtout par des descriptions assez belles des faubourgs parisiens, et Thérèse Raquin (réalisé en Allemagne en 1928), où s'affirme son penchant pour le naturalisme à la Zola.
Après plusieurs films sans grand intérêt réalisés dans divers pays, en particulier à Hollywood, il revient en France et ce sont successivement Le Grand Jeu (1934), Pension Mimosas (1935), La Kermesse héroïque (1935), ses trois films les plus célèbres, qui assoient sa réputation de cinéaste-artisan exemplairement conscient des problèmes techniques et de l'importance du milieu. C'est à eux que s'applique le mieux cette phrase de Feyder qui était un peu son credo : « D'abord une atmosphère, un milieu ; puis une histoire un peu grosse, se rapprochant autant que possible du feuilleton ; enfin une exécution minutieuse, raffinée. » Bien que souvent vieillis par leur anecdote et leurs personnages, ils continuent de représenter, avec une vérité assez frappante, certains aspects souvent sordides de la société française d'avant-guerre, valant ainsi à Feyder de figurer honorablement, entre Feuillade et Duvivier, dans l'histoire du cinéma français.
Jean-Louis COMOLLI
Retour en haut



