Oxyde de béryllium et d'aluminium, le chrysobéryl (« béryl d'or », du grec chrusos, or, et bêrullos, béryl) est une pierre fine présentant à l'état naturel des cristaux prismatiques ou tabulaires, striés, de couleur jaune verdâtre, grise, brune, vert bleuté. Il est souvent maclé à deux individus, formant un « V » caractéristique, ou à trois individus, prenant alors une forme pseudo-hexagonale.
formule : BeAl2O4 ;
système : orthorhombique, bipyramidal ;
dureté : 8,5 ;
poids spécifique : 3,6-3,8 ;
éclat : vitreux ;
transparence : transparent ;
cassure : conchoïdale à quelconque.
La structure cristalline du chrysobéryl est organisée autour d'un empilement pseudohexagonal d'ions oxygène (O2—) que relient principalement des ions aluminium (Al3+) et, en moindre quantité, des ions béryllium (Be2+). Dans les cavités que ménage cette structure peut s'incorporer du fer (Fe), qui donne alors la teinte jaune au minéral, ou du chrome (Cr) colorant le chrysobéryl en vert ; cette variété chromifère est appelée l'alexandrite. Quand la taille des cavités le permet, de minuscules cristaux aciculaires (en forme d'aiguilles) peuvent s'insérer ; ces inclusions donnent à la pierre un effet de chatoiement et le chrysobéryl est alors appelé « œil-de-chat ».
L'alexandrite doit son nom à Alexandre II : elle fut en effet découverte dans l'Oural (mines de Takowaja) en 1831, le jour de l'anniversaire du tsar, et ses couleurs (vert et rouge) sont celles de l'Empire russe. Elle a la particularité de présenter des variations de teinte selon l'éclairage : verte comme l'émeraude à la lumière naturelle, elle devient rouge comme le rubis sous la lumière artificielle. En fait, elle est même trichroïque, propriété que présentent certains cristaux biaxes montrant une coloration différente dans leurs trois directions : bissectrices des axes optiques, perpendiculaire au plan des axes optiques. Ainsi, l'alexandrite peut aussi apparaître jaune orangé, teinte plus difficile à observer à l'état naturel mais qui peut être mise en valeur par une taille adéquate. C'est une g […]
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