Depuis la plus haute antiquité, les hommes ont été fascinés par la couleur de certains minéraux, faisant de ceux-ci des talismans aussi bien que des parures. Très appréciées par les Égyptiens et les Chinois, les roches vertes l'étaient déjà au Néolithique. Les Aztèques entassaient dans leurs temples jades et émeraudes, à côté des topazes. Les tombes de Mésopotamie et d'Égypte nous montrent combien à ces époques étaient prisées l'améthyste, pour sa belle couleur violette, ainsi que la cornaline qui, par sa couleur rouge, rappelait le sang, donc symbolisait la vie. Exploité il y a plus de 5 000 ans, le lapis-lazuli d'Afghanistan était expédié fort loin, jusque sur les bords de la Baltique, dont l'ambre récolté sur les rivages était connu dans tout le monde méditerranéen.
Loin de faiblir, l'attrait des parures minérales n'a fait que grandir au cours des siècles avec la découverte de nouvelles gemmes et surtout avec les progrès de leur taille. De nos jours, indépendamment de leur usage en joaillerie, les minéraux colorés sont de plus en plus recherchés par les collectionneurs et, pour ne considérer que leur beauté, présentent souvent plus d’attraits que l’incolore diamant.
Mais, indépendamment de cet aspect esthétique, la couleur des minéraux est un domaine d'étude passionnant pour les théoriciens, car le phénomène dépend à la fois de la structure du minéral et de son homogénéité tant physique que chimique.
1. Origine de la couleur
Si les premiers céramistes de l'Antiquité et, plus tard, les maîtres verriers de nos grandes cathédrales savaient quelle substance et en quelle proportion il fallait ajouter à l'argile ou au sable, leur savoir était purement empirique. Il fallut, pour une première approche du problème de l'origine de la couleur, attendre Johann Wolfgang von Goethe, qui distingua trois groupes de minéraux : les minéraux qualifiés d'idiochromatiques, dont la couleur est directement liée à la composition chimique, les minéraux dits allochromatiques, dont la couleur provient d'impuretés, e […]
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