3. Situation des deux maisons de ventes dans le monde
Sous l'effet de la politique d'expansion menée à partir des années 1950, Sotheby's et Christie's sont devenues deux structures d'envergure clairement internationale. Aujourd'hui, Sotheby's possède un réseau de plus de cent bureaux à travers le monde et dispose de deux lieux de vente principaux, l'un à Londres sur New Bond Street, l'autre à New York sur York Avenue. Pour sa part, Christie's est à la tête de cent seize bureaux, ce qui lui permet d'être présente dans quarante-deux pays dont seize où elle dispose de salles de ventes.
Les résultats affichés par les deux groupes font également apparaître leur poids financier. Alors que Sotheby's a longtemps occupé la première place des maisons de ventes aux enchères dans le monde, depuis 1995, Christie's devance sa vieille rivale et arrive en première position. Certains analystes voient dans cette progression les fruits de la stratégie qui a conduit Christie's à s'implanter avec succès dans certaines régions du monde comme l'Asie et, surtout, à vendre les plus grandes collections d'œuvres d'art du xxe siècle. En 1997, Christie's a réalisé un chiffre d'affaires de 261,2 millions de livres (2,6 milliards de francs) pour un total de ventes aux enchères de 12,2 milliards de francs. Pour sa part, Sotheby's a réalisé un chiffre d'affaires de 381,8 millions de dollars (2,2 milliards de francs) pour un total de ventes aux enchères de 11 milliards de francs. Les résultats des professionnels français sont beaucoup plus modestes : si l'ensemble des commissaires-priseurs parisiens a réalisé un produit de ventes de 3,8 milliards de francs, la plus importante étude française, celle de maître Tajan a réalisé en 1997 un produit de 414 millions de francs. Pourtant, il faut rappeler qu'en 1952, les Français dominaient le marché mondial des enchères et que l'étude Ader réalisait à elle seule un chiffre d'affaires supérieur à celui de Sotheby's et Christie's réunies !
Toutefois, si le chiffre d'affaires de Christie's la place en première position, son bénéfice imposable est moindre que celui de sa concurrente puisqu'il n'atteignait en 1997 que 35,3 millions de livres (353 millions de francs, contre 457 millions de francs pour Sotheby's). Cette rentabilité jugée insuffisante de Christie's n'a d'ailleurs pas manqué de susciter les appétits financiers d'hommes d'affaires avisés et, en 1998, le Français François Pinault est entré massivement dans le capital de la maison de ventes britannique – devenant son principal actionnaire – avec l'objectif affiché d'accroître sa rentabilité.
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