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CARICATURE

La caricature (de l'italien caricare, charger) est l'expression la plus évidente de la satire dans le graphisme, la peinture et même la statuaire. Elle fut longtemps confondue avec les manifestations du grotesque, mais depuis la fin des années 1950 on a cherché à préciser son domaine.

Dans la caricature, il convient de distinguer le portrait en charge, qui utilise la déformation physique comme métaphore d'une idée (portrait politique) ou se limite à l'exagération des caractères physiques (portraits d'artistes) et la caricature de situation, dans laquelle des événements réels ou imaginaires mettent en relief les mœurs ou le comportement de certains groupes humains.

Pour comprendre l'essence de la caricature, il est nécessaire de confronter les conceptions esthétiques et humaines de la Renaissance – qui ont permis à la caricature de naître – à celles du Moyen Âge.

Dans l'art du Moyen Âge, la figure humaine est associée à un ordre universel. Beauté et laideur sont hiérarchiquement représentatives des vertus et des vices qui, du haut en bas de l'échelle des valeurs, lient les deux infinis que sont le Ciel et l'Enfer. Leur signification est d'ordre métaphorique. Le choix que peut faire l'artiste d'une partie de cet ensemble n'est jamais exclusif. Au contraire, chaque « coupe » qu'il opère exalte l'ensemble du système, qu'il soit théologique ou alchimique. Le Moyen Âge vit sur un abîme où les formes proliférantes qui couvrent les surfaces d'un réseau serré de représentations divines, humaines, animales et végétales n'ont pas d'existence permanente assurée. Leur rapport analogique les rend, à chaque instant, capables de métamorphoses. La parodie constitue une manœuvre conjuratoire pour prévenir la « chute » possible (le roi et son bouffon, la fête des fous où la messe est tournée en dérision).

Il en va tout autrement à partir de la Renaissance, quand l'homme devient « la mesure de toute chose ». La séparation progressive de l'activité artistique en genres bien définis (sacré et profane, portrait, paysage, nature morte) sont autant de réductions du champ de la représentation en objets particuliers d'appréciation ainsi qu'en objets économiques. C'est donc à une rupture du fondement architectural de l'œuvre d'art que l'on assiste. L'homme, de sujet migrant dans l'univers des formes, devient son propre objet. Le problème de la forme en tant que permanence, et celui de la fidélité au modèle sont posés. Et les choix opérés impliquent des exclusions. Il est significatif de constater que les premières caricatures sont le fait de ceux qui ont le plus concouru à idéaliser le portrait et à en fixer les règles : Léonard de Vinci et les frères Carracche, comme si ces artistes avaient voulu créer le maximum d'écart entre la plus grande beauté possible et la plus grande laideur, celle-ci servant peut-être de pierre de touche à celle-là. Au-delà de la rupture dans le domaine des formes, la caricature exprime également la continuité de l'esprit satirique. La caricature ne saurait donc être réduite au portrait-charge, qui pose directement le problème du respect des formes, mais comporte aussi la satire des mœurs, qui doit une grande partie de son efficacité aux rapports qu'elle entretient avec l'écrit en tant que transposition de la parole ; d'où l'équivoque du mot « caricature », qui peut désigner soit une charge formelle, soit l'illustration critique d'une situation exemplaire. Dans ce dernier cas, elle relève doublement du langage, par le mot d'esprit qui scelle sa signification et par la représentation qui est l'équivalent de la description écrite.

Ainsi la caricature est-elle à la fois le lieu d'une fracture dans la représentation, où elle joue le rôle de « double » par rapport aux conventions du portrait, et la continuité modifiée d'une composante de l'esprit humain – la satire. Elle est donc, par excellence, le domaine des doubles, double du portrait et double du témoignage écrit et parlé.

1.  L'essence de la caricature

  Caricature, antithèse de la beauté

Pour saisir l'allusion satirique contenue dans les œuvres antérieures à la Renaissance, il faut remonter de l'œuvre à l'intention qui l'a suscitée. L'auteur du Monde renversé, Reinmar von Zweter, définissait au xiiie siècle l'homme parfait de la façon suivante : « Il doit avoir des yeux d'autruche et un cou de grue, deux oreilles de porc et un cœur de lion, les mains doivent être représentées comme des griffes d'aigle et de griffon, les pieds comme des pattes d'ours. » J. Baltrušaitis reprend ainsi le commentaire de Reinmar : « Les yeux d'autruche regardent aimablement, les porcs ont l'ouïe la plus fine de tous les animaux, le lion est la plus noble bête, l'ours la plus furieuse, les serres du griffon tiennent bien tout ce qu'elles accrochent, les pattes d'aigles sont généreuses et justes, le cou de grue est signe de réflexion. » Ce qu'un œil peu averti prend dans l'art du Moyen Âge soit pour le produit d'une imagination délirante, soit pour une « charge » est, en réalité, une synthèse allégorique des qualités propres à l'homme de bien.

Gombrich a mis en évidence le caractère antithétique de la caricature : « Le mot caricature et l'institution du même nom datent seulement des dernières années du xvie siècle, et les créateurs de cet art ne furent pas les diffuseurs d'images, mais ceux qui furent les plus sophistiqués et les plus raffinés des artistes, les frères Carrache. »

Werner Hofmann note qu'à la Renaissance « la comparaison est seule à pouvoir réunir les multiples apparences en un univers cohérent de formes ; elle trouve en effet la règle du beau idéal de même que son contraire, le laid. Dès que cette objectivation du beau est formulée comme but pour la création artistique, l'imagination créatrice peut également s'engager en sens inverse pour trouver la formule idéale de la difformité, la caricature [...]. Le problème qui consiste à savoir si une image déformée nous semble drôle ou grotesque, donc « caricaturale », est déterminé par la contradiction qui existe entre la caricature et les leitmotive académiques de l'idéal, du beau et de l'harmonie. »

Les Carrache comparèrent les différents états du graphisme en lui faisant parcourir les degrés qui vont de la description à la suggestion, de l'imitation à l'équivalence : « L'invention du portrait caricatural présuppose la découverte théorique de la différence entre ressemblance et équivalence », note de son côté Gombrich.

Les artistes du xvie siècle ne pouvaient tirer toutes les conséquences de ces expériences qui n'étaient possibles que parce qu'elles étaient assimilées à des divertissements. Poussant le jeu des équivalences, ArcimboldoL'Automne, G. Arcimboldo, Bracelli réduisirent visages et corps à un assemblage d'objets. Christoph Jamnitzer poussa l'équivalence jusqu'à l'impasse graphique inévitable : la spirale. Dans leurs exercices graphiques, ces artistes substituaient l'invention et la trouvaille à l'imitation.

L'Automne, G. Arcimboldo Photographie

L'Automne, G. Arcimboldo Giuseppe Arcimboldo (1527 env.-1593) : L'Automne, une des allégories des saisons peintes pour l'empereur germanique Maximilien II. Musée du Louvre, Paris. 

Crédits: Peter Willi/ The Bridgeman Art Library/ Getty Consulter

L'accent mis par Gombrich – après Töpffer – sur l'équivalence ne saurait toutefois totalement effacer la ressemblance comme élément important de la caricature, en particulier dans la charge des personnalités connues. Elle demeure même un facteur essentiel du processus de réduction opéré par l'artiste sur le modèle : elle constitue le « reste ». Selon que le caricaturiste crée un type ou se réfère à un modèle connu, équivalence et ressemblance prennent une part plus ou moins importante. Dans la mesure où le portrait « sérieux » donne du modèle une vision flatteuse, on peut affirmer que la caricature est parfois plus fidèle dans son irrévérence. La caricature comme menace pesant sur le portrait est présente au xixe siècle : nombre de procès ont été engagés par des commanditaires mécontents contre des artistes accusés d'avoir réalisé des « caricatures ».

  Caricature, portrait et satire

L'art du portraitiste et celui du caricaturiste sont complémentaires. Le premier s'efforce d'atténuer les défauts de son modèle, le second cherche sa voie non dans l'approfondissement mais dans l'exagération des traits. Selon Filippo Baldinucci, l'art des caricaturistes « est une méthode pour faire des portraits par laquelle ils visent à la plus grande ressemblance de la personne représentée cependant que, dans un dessein fantaisiste et quelquefois satirique, ils développent et accentuent de façon disproportionnée les traits qu'ils copient de telle sorte que le portrait pris dans sa totalité est le modèle lui-même, alors que ses composantes sont modifiées ».

Le portraitiste lutte contre le temps, le caricaturiste au contraire y adhère. Ce faisant, il situe l'essence et le but de son art dans le transitoire et le périssable ; il arrache son modèle à la pseudo-éternité à laquelle le voue le portraitiste. Il le descend de son piédestal.

Ce n'est que lorsque l'esprit de satire coïncide avec la laideur physique que s'accomplit la synthèse de ce que nous appelons aujourd'hui la caricature : ce fut l'œuvre des caricaturistes anglais du xviiie siècle. Le portrait en charge « amical », qui consiste à faire ressortir la drôlerie de certains visages connus, est un genre mineur qui ne vise qu'au divertissement.

La Physiognomonie de Lavater (1741-1801)Physiognomonie, J. K. Lavater, qui fut connue en France au début du xixe siècle, a eu une grande influence sur l'art des caricaturistes. Si les théories du théologien suisse semblent maintenant périmées, elles n'en ont pas moins aidé les caricaturistes à concevoir chacune de leurs œuvres comme un tout. Dans un petit ouvrage, inspiré des théories de Lavater et publié à Paris en 1813, se trouve clairement exprimée la relation caractère-morphologie : « 1. La proportion du corps et le rapport qui se trouve entre ses parties déterminent le caractère moral et intellectuel de chaque individu. 2. Il y a une harmonie complète entre la stature de l'homme et son caractère. 3. La même convenance subsiste entre la forme du visage et celle du corps ; l'une et l'autre de ces formes sont en accord avec les attraits de la physionomie. 4. Un homme orné de toutes les beautés de proportion possibles serait un phénomène tout aussi extraordinaire qu'un homme souverainement sage et souverainement vertueux. 5. Mais plus la stature et la forme seront parfaites, et plus la sagesse et la vertu y exerceront un empire supérieur, dominant et positif ; au contraire, plus le corps s'éloigne de la perfection et plus les facultés intellectuelles et morales y seront subordonnées et négatives. 6. Parmi les statures et les proportions, comme parmi les physionomies, les unes nous attirent universellement, et les autres nous repoussent ou du moins nous déplaisent. »

Physiognomonie, J. K. Lavater Photographie

Physiognomonie, J. K. Lavater Planche de bouches tirée du livre Physiognomonie, 1777, de Johann Kaspar Lavater (1741-1801). «.Celui qui, à la première impression que l'extérieur d'un homme fait sur lui, juge bien de son caractère ou d'une partie de son caractère, celui-là est naturellement physiognomoniste ; on l'est sc… 

Crédits: AKG Consulter

Ces théories que la réalité dément rendent cependant parfaitement compte de la fiction mentale et esthétique qu'est la caricature. Si rien ne prouve la coïncidence de la laideur physique et de la laideur morale, le caricaturiste a cependant besoin de la première pour rendre évidente la seconde. Aussi son art apparaît-il comme essentiellement métaphorique.

  Rôle paradoxal de la caricature

La caricature joue dans la société un rôle paradoxal. Elle déforme, certes, mais c'est pour mieux fustiger. Elle s'abreuve aux sources morales d'un certain puritanisme, voire d'un certain conformisme. L'exploitation du mécontentement va souvent de pair avec le confusionnisme politique. Au cours de l'affaire Dreyfus, les caricaturistes ( Forain, Léandre, Caran d'Ache, Willette), qui prenaient l'ordre bourgeois pour cible, n'ont pas hésité à confondre ce dernier avec les Juifs. La simplification de leur graphisme est souvent le véhicule de la démagogie. Le succès des caricatures dépend de leur audience auprès des lecteurs de la presse quotidienne ou hebdomadaire. Aussi l'artiste est-il porté à sacrifier la vérité à l'effet, à s'appuyer sur un système de références qui est le reflet de préjugés bien ancrés. Obéissant à sa vocation qui est de déformer, il sait, lorsque le pouvoir établi le brime, diriger ses coups contre l'ennemi extérieur du moment. Professionnel de la déformation, il préfère souvent le mensonge à l'abstention.

La déformation, la laideur ont été les tentations permanentes ou occasionnelles de nombreux artistes. Certains ont vu dans la caricature un jeu esthétique et moral qui compensait ce que leur art pouvait avoir de trop conformiste : Isabey, Delacroix, Puvis de Chavannes s'y sont livrés comme à une activité « cathartique » marginale. D'autres ont subi avec fascination l'attrait du monstrueux. Parmi ces derniers, il faut citer Goya, dont les créations « caricaturales » suscitent moins le rire que la terreur. Ces phantasmes sont peut-être l'envers d'une œuvre en grande partie vouée à l'art officiel ; mais, plus qu'une dénonciation destinée à la diffusion, ils font partie de l'univers obsédant de l'artiste et sont plus des produits de la vie subconsciente que de l'exercice d'un esprit critique.

Le rôle que joue la déformation, voire la recherche caricaturale, dans l'œuvre des grands peintres s'inscrit rarement dans l'évolution de la caricature, surtout depuis que celle-ci s'est constituée en genre autonome. À la fin du xixe siècle, la caricature, après avoir dégagé ses caractères spécifiques grâce à un long commerce avec l'histoire, a exercé une influence sur l'art lui-même. Pissarro, Manet et Monet s'étaient essayés à la caricature ; Toulouse-Lautrec, Degas allèrent plus loin : ils intégrèrent la caricature à l'art. Van Dongen, Kupka, Juan Gris, Villon, VallottonDans les ténèbres (C'est la Guerre ! IV), F. Vallotton, dont le rôle, dans les mouvements artistiques du début du xxe siècle, devait être essentiel, firent leurs débuts dans L'Assiette au beurre. Les expressionnistes allemands – Kirchner, Heckel, Pechstein, Schmidt-Rottluff – introduisirent les exagérations d'un graphisme caricatural dans leurs œuvres. Les frontières qui séparaient le beau du laid, le bien du mal, se sont peu à peu effacées. Les sujets « nobles » furent tournés en ridicule. L'artiste préféra prendre l'actrice, le clown, la fille de joie pour modèles, plutôt que de peindre des scènes mythologiques. Les tenants du style académique avaient lié sujet et style nobles, l'artiste moderne déplaça le domaine de l'esthétique pour l'étendre aux sujets jusqu'alors qualifiés de « laids ». La caricature a permis aux artistes de passer de la beauté idéalisée conceptuelle à la beauté picturale, c'est-à-dire à l'appréciation des surfaces et des lignes en fonction des lois propres à l'œuvre, sans référence à la réalité extérieure.

Dans les ténèbres (C'est la Guerre ! IV), F. Vallotton Photographie

Dans les ténèbres (C'est la Guerre ! IV), F. Vallotton Félix Vallotton, Dans les ténèbres (C'est la Guerre ! IV), 1916. Xylographie, 17,7 cm × 22,5 cm. Bibliothèque nationale de France, Paris. 

Crédits: Dist. RMN-Grand Palais/ BNF Consulter

Le xixe siècle s'est achevé sur un paradoxe esthétique auquel il fallait bien que la caricature – paradoxe d'entre les paradoxes – participât.

  La caricature comme langage

La caricature parle au plus large public possible. Elle joue un rôle opposé à celui de l' image d'Épinal, qui exalte sur un mode naïf et moral des « grands hommes » et les événements importants de la nation.

En cherchant dans l'image caricaturale l'équivalent du récit édifiant sur un mode humoristique, Töpffer a été l'ancêtre de la bande dessinée. À sa suite Adolf Schrödter, Wilhelm Busch (1832-1908), Cham (1819-1879) peuvent être considérés eux aussi comme les créateurs d'un moyen d'expression nouveau.

La caricature politique a joué, à la fin du xixe siècle et au début du xxe siècle, un rôle analogue à celui du pamphlet. André Gill et Forain ont été, dans le domaine de l'image, l'équivalent de Henri Rochefort et d'Édouard Drumont. Cette comparaison entre l'œuvre écrite et l'œuvre graphique avait frappé Balzac, qui considérait les caricatures de Daumier comme le complément de son œuvre.

Le graphisme caricatural trouva un refuge idéal dans les œuvres de Lautrec, de Picasso. Il est sorti épuré de l'univers de la toile, en particulier dans l'œuvre de Klee. Pour les grands humoristes modernes – tels Steinberg, Ronald Searle – le dessin n'exprime pas des idées mais des associations mentales. S'il peint la société, ce n'est pas dans l'espoir de la transformer, mais pour en faire ressortir le caractère absurde. Il va même jusqu'à imaginer des comportements monstrueux. L'influence des découvertes de la psychologie sur le dessin humoristique n'est pas douteuse. Le graphisme cessant de prendre la réalité politique ou sociale pour modèle devient disponible à l'égard des phantasmes de l'imaginaire.

L'activité caricaturale est liée aux techniques permettant la reproduction en série. La gravure sur bois a été, jusqu'au milieu du xixe siècle, le principal support de l'illustration à reproduire. La gravure sur bois obligeait l'artiste à créer son œuvre en vue d'une interprétation par le graveur. À partir de 1798, l'invention de la lithogravure a permis aux artistes de donner à leur œuvre une richesse comparable à celle de la peinture. C'est grâce à cette nouvelle technique que Daumier et Gavarni trouvèrent leur véritable style. À partir de 1850, la gravure « au trait » – le gillotage comme on l'appelait alors – permit une plus grande souplesse de reproduction tout en obligeant l'artiste, comme dans la gravure sur bois, à renoncer aux demi-teintes. Avec l'invention de la similigravure, l'artiste vit l'ensemble de son graphisme, aussi complexe fût-il, respecté mais appauvri. La plupart des caricatures sont, de nos jours, reproduites « au trait ».

2.  La caricature en Occident

  Les origines

Thomas Wright, qui fut, avec Champfleury, le premier historien de la caricature, donnait à cette dernière une extension très large : « Le monstrueux touche de près au grotesque, et l'un et l'autre rentrent dans le domaine de la caricature, lorsqu'on prend ce mot dans la plus large acception. » Ce point de vue permettait, grâce à une équivoque, de faire remonter l'origine de la caricature à l'Antiquité. On peut supposer que les sociétés, où la recherche des critères de la beauté était proposée comme but aux artistes, contenaient en elles la possibilité de voir naître une antithèse. Les sociétés grecque et romaine semblent avoir réuni les conditions d'une telle éclosion. Elles ont sans doute connu l'une et l'autre la caricature, fût-ce à l'état embryonnaire. La Grèce a eu un caricaturiste, Pauson, dont le nom est cité par Aristophane et Aristote. Une série de « nez » en terre cuite qui figure dans les collections du Louvre témoigne aussi en faveur de la thèse de l'existence de la caricature dans l'Antiquité. Des graffiti retrouvés sur les murs de Pompéi paraissent confirmer ce point de vue.

L'état actuel de nos connaissances et les critères retenus nous permettent de situer l'éclosion de la caricature en tant qu'expression indépendante à la fin du xvie siècle, avec les frères Carrache, Bernin et Arcimboldo.

Dans un style qui n'était guère différent de celui des créations médiévales, l'esprit de satire continuait à se manifester dans le domaine de la politique et de la religion. Il atteignit une violence aiguë dans le conflit qui opposa les catholiques fidèles à Rome aux réformateurs. Pendant cette période, les « charges » du pape et de Luther furent nombreuses. La plus célèbre, L'Âne de Melanchton, reprend une allégorie qu'un Pompéien anonyme dirigeait au Ier siècle contre les premiers chrétiens. Ce rapprochement permet d'affirmer que la satire se définit par rapport à certaines constantes thématiques, alors que la caricature se définit avant tout par rapport à des critères esthétiques.

  En Angleterre

Il faudra attendre Hogarth (1697-1764) pour que la synthèse de l'esprit satirique et de la caricature se réalise définitivementJules César, opéra de Haendel. Caricaturiste des mœurs, il attaqua avec virulence les abus de son temps. Harlot's Progress, Rake's Progress, Beer Street, Ginger Lane sont ses œuvres les plus connues. Dans son Analyse du beau (1753), il affirme que le principe de la beauté réside dans la « ligne ondulée ou serpentine baptisée par lui du nom de ligne de beauté » (T. Wright). Thomas Rowlandson (1756-1827) peut être considéré comme le plus grand caricaturiste des mœurs après Hogarth, mais son œuvre est moins véhémenteComforts of Bath, T. Rowlandson.

Jules César, opéra de Haendel Photographie

Jules César, opéra de Haendel Interprétation satirique d'une scène de Jules César (1724), opéra de Haendel. À gauche, le castrat Senesino (César), au centre, la soprano Francesca Cuzzoni (Cléopâtre) et, à droite, la basse Gaetano Berenstadt. Gravure de William Hogarth. 

Crédits: Hulton Getty Consulter

Comforts of Bath, T. Rowlandson Photographie

Comforts of Bath, T. Rowlandson Thomas ROWLANDSON, Le Portrait d'art, planche 6 des Comforts of Bath, 1798, aquarelle sur papier. Victoria Art Gallery, Bath and North East Somerset Council. 

Crédits: The Bridgeman Art Library/ Getty Consulter

La Révolution française, l'Empire permirent à James Gillray (1757-1815) d'exercer sa verve féroce. Ses dessins d'un parti pris sans nuance sont cependant des témoignages importants dans l'histoire de la caricature parce que, pour la première fois, cette dernière y « devient une arme de la conscience nationale » (W. Hofmann). Cette conscience nationale, Gillray la flatta dans une suite de dessins à la gloire de John Bull.

George Cruikshank (1792-1878) s'éloigna de la satire politique. Il abandonna l'allusion aux événements de son temps pour développer l'aspect spatial de la caricature. Il multiplia les déformations et rechercha de nouvelles dimensions. Dans ses dessins, les têtes l'emportent souvent sur les corps, les malformations physiques se heurtent. Les monstres engendrés par son imagination donnent l'impression d'étouffer dans un espace trop étroit.

À partir de 1841, le PunchWoodrow Wilson et la colombe de la paix assure la continuité de la caricature anglaise avec John Leech, John Tenniel, du Maurier et, plus près de nous, David Low, Vicky et Osbert Lancaster. Depuis les années cinquante, on note un renouveau de la caricature anglaise avec Ronald Searle, Gerald Scarfe et Ralph Steadman.

Woodrow Wilson et la colombe de la paix Photographie

Woodrow Wilson et la colombe de la paix Le président des États-Unis Woodrow Wilson offre à la colombe de la paix, en guise de rameau d'olivier, la toute nouvelle Société des Nations: «N'est-ce pas un peu gros?» Caricature publiée le 25 mars 1919 dans le magasine anglais «Punch». 

Crédits: Hulton Getty Consulter

  En France

La caricature anglaise qui se développa à la faveur des événements politiques permit aux artistes français d'atteindre plus vite et plus efficacement les buts qu'ils se proposaient. Dès le début du xixe siècle, ils adoptèrent la technique de la lithographie, qui donna à leur œuvre une qualité nouvelle.

L'agitation politique qui régna au xixe siècle, l'instabilité des institutions fournirent aux caricaturistes une nourriture abondante mais paradoxale. Ce climat politique donnait certes un contenu à leur art ; mais il était dangereux pour eux dans la mesure où les forces qui cherchaient à s'incarner dans un homme ne voyaient pas sans déplaisir leurs tentatives tournées en dérision. L'instabilité politique était le résultat d'une contradiction propre à une classe qui avait supprimé la royauté absolue et la notion de droit divin et qui eût voulu pourtant bénéficier de ce droit pour elle-même afin de mieux asseoir ses privilèges. Cette classe chercha à s'incarner dans des figures qui parodiaient le passé : Napoléon Ier, Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe, Napoléon III. Ces tentatives n'aboutirent qu'à des caricatures d'autorité dont les caricaturistes prirent acte. Le slogan « Enrichissez-vous », l'arrivisme inhérent au libéralisme transparaissaient à travers les nobles attitudes et les grands principes. La caricature tira son exceptionnelle réussite du fait qu'elle donnait la plus juste image possible des contradictions de la bourgeoisie. Paradoxale dans son essence, elle pouvait représenter les aspects contradictoires d'une même réalité.

Pour survivre aux multiples interdits lancés contre eux, les caricaturistes durent faire preuve d'une grande mobilité. Ils surent passer de l'attaque franche à l'insinuation, à la caricature des mœurs, à la création de personnages populaires, à l'inoffensif portrait de l'artiste à la mode. Cette activité protéiforme que l'artiste dut adopter pour survivre fut une des causes de l'exceptionnelle richesse de son expression. La République était pour lui un espoir toujours caressé et toujours déçu. Aussi tous les caricaturistes étaient-ils, à des degrés divers, républicains. Et quand la République triompha, le plus grand caricaturiste de la fin du xixe siècle et du début du xxe, Forain, la peignit sous les traits d'une femme alourdie avec cette légende : « Et dire qu'elle était si belle sous l'Empire ! »

La grande période de la caricature française commença sous Louis-Philippe avec la célèbre série de portraits dessinés par Philipon pour Le Charivari (1831). Le visage du roi y faisait l'objet de comparaisons avec la forme de la poire. L'idée n'était pas nouvelle mais, exploitée sur le plan politique, elle devenait subversive. La publication fit grand bruit, et Philipon, qui était aussi le directeur du journal, fut condamné.

De 1830 à 1850, les principaux caricaturistes furent Daumier, Gavarni, Gustave Doré, Grandville, Bertall, Pigal, Nadar, Cham, Henri Monnier, Travies, Edmond Morin. Pendant le second Empire, Daumier et Cham continuèrent à tenir une place de premier plan. De nouveaux venus, Gill et Grévin, jouèrent, l'un dans le portrait en charge, l'autre dans la caricature des mœurs, un rôle important.

Le plus grand de tous les caricaturistes fut certainement Honoré Daumier. Il sut dominer tous les sujets grâce à la souplesse de son graphisme, à son sens des proportions, à sa capacité de transformer les sujets qu'il traitait en symboles grandioses. Avec lui la caricature adhéra à l'histoire, devint la chronique la plus sûre de son époque.

Dans son sillage, Gavarni créa une œuvre moins expressive mais d'une remarquable unité. Cham avait imité le Suisse Töpffer avant d'adopter lui aussi la manière de Daumier ; ses charges, fort nombreuses, donnèrent une image anecdotique et superficielle des hommes et des événements.

Grévin se consacra aux scènes de mœurs et créa un type de femme entretenue qui fut repris par de nombreux dessinateurs. Gill fut certainement, avec Daumier, le plus efficace des caricaturistes français du xixe siècle. Il se spécialisa dans les portraits charge. Un grand nombre furent publiés dans son journal L'Éclipse.

Les caricaturistes surent si bien pénétrer l'esprit de leur temps qu'ils créèrent des personnages représentatifs des diverses couches sociales de la société du xixe siècle. Les caractères de l'aventurier, du conformiste, de l'exploité trouvèrent une expression heureuse dans les personnages de Robert Macaire, RatapoilRatapoil, H. Daumier (Daumier), Mayeux (Travies), Joseph Prudhomme (Monnier), Thomas Vireloque (Gavarni). À côté de la politique, de ses acteurs permanents ou occasionnels, à côté des événements qui demandaient à être saisis et interprétés au jour le jour se développa donc une critique des mœurs à travers des personnages qui symbolisaient des forces collectives et anonymes. Mais ces « types », contrairement aux politiciens traités sans ménagements, n'étaient pas dépourvus d'une certaine ambiguïté. La figure cynique de Robert Macaire, par exemple, se para du prestige que le peuple accorde volontiers à ceux qui tout à la fois profitent de l'ordre établi et défient la morale. Robert Macaire avait été une création de Frédérick Lemaître au théâtre avant d'être repris par Daumier. Le personnage de Joseph Prudhomme passa de la caricature à la scène. Ce fut Henri Monnier lui-même qui écrivit les pièces et interpréta le rôle principal. Ces créations ont tenu dans l'art une place analogue à celle du feuilleton dans la littérature. Pendant le second Empire, la caricature connut un tel succès qu'elle fut utilisée au même titre que la représentation héroïque des batailles coloniales pour la décoration des assiettes (série des pince-nez).

Ratapoil, H. Daumier Photographie

Ratapoil, H. Daumier Honoré DAUMIER, Ratapoil , plâtre teinté, h: 43 cm. Albright Knox Art Gallery, Buffalo, New York, États-Unis. 

Crédits: The Bridgeman Art Library/ Getty Consulter

Thiers, qui n'avait pas quitté la scène politique depuis 1832, fut une cible privilégiée pour les caricaturistes qui durent attendre l'abolition des lois sur la presse, le 29 juillet 1881, pour exercer librement leurs critiques. Cinq ans plus tard commençait la tragi-comédie de l'affaire Boulanger, au cours de laquelle s'affrontèrent images idylliques et caricatures du général. Dans cet épisode s'illustrèrent le pamphlétaire Henri Rochefort, alors directeur-fondateur de L'Intransigeant, les caricaturistes Luque dans La Caricature, Legrand dans Le Courrier français, Blass dans Triboulet, Moloch et Pépin dans Le Grelot, et Alfred le Petit. Paul de Semant, dans le journal La Bombe, profita de l'affaire Boulanger pour donner une vigueur nouvelle à l'esprit de revanche.

La critique des mœurs battait son plein. Une nouvelle génération de caricaturistes naissait : Forain, Caran d'Ache, Léandre, Hermann Paul, Ibels et Robida.

La mode des histoires en images imitées de Töpffer fut lancée dans Le Chat noir, journal dirigé par Rodolphe Salis, et reprise par Le Pierrot, La Caricature et Le Rire. Steinlein, Willette, Caran d'Ache, Doës furent les meilleurs créateurs de ces saynètes dont les personnages aux silhouettes très découpées avaient été, pour la plupart, créées au théâtre d'ombres du cabaret Le Chat noir. Robida occupe une place à part dans l'histoire de la caricature. Il chevauche allègrement le temps : il passe de la reconstitution du Moyen Âge aux anticipations les plus hardies. Il tient conjointement une chronique du passé et du futur que l'avenir confirmera. Il apparaît aujourd'hui comme l'un des créateurs de la science-fiction.

Si la monarchie et l'Empire avaient fait contre eux l'unanimité des caricaturistes, la République divisa ces derniers. L'affaire Dreyfus qui éclata en 1894 suscita des inimitiés dans la presse. Forain et Caran d'Ache publièrent Psst..., journal résolument antidreyfusard. Hermann Paul et Ibels répliquèrent avec Le Sifflet.

Parallèlement aux questions politiques, la situation sociale joua un rôle important dans l'activité des caricaturistes. De 1904 à 1910, L'Assiette au beurre, avec Steinlein, Roubille, Jossot, Ricardo Flores, mena une lutte acharnée contre l'injustice sociale, le colonialismeLe Troisième Larron, le militarisme. Dans cette équipe comme dans celle du Courrier français s'illustrèrent des artistes qui ne devaient pas tarder à faire parler d'eux : Galanis, Vallotton, Juan Gris, Van Dongen, Kupka, Jacques Villon.

Le Troisième Larron Photographie

Le Troisième Larron Caricature de 1905 représentant Édouard VII (1841-1910), Guillaume II (1859-1941) et le ministre français des Affaires étrangères Théophile Delcassé (1852-1923) sous la forme de chats prêts à dévorer une souris symbolisant le Maroc. 

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La Première Guerre mondiale refit l'unité des caricaturistes. Poulbot mit ses gosses de Montmartre au service de la cause patriotique. De 1919 à 1939, l'amertume de l'après-guerre, la mode, les crises politiques, les affaires internationales, l'affaire Stavisky, le Front populaire, les Croix de feu permirent aux caricaturistes de mener leurs ultimes combats. H. P. Gassier, pour la gauche, et Sennep, pour la droite, furent les derniers caricaturistes au sens étroit du mot. Le Canard enchaîné publiait les œuvres du premier. Le second trouvait asile dans tous les journaux opposés au communisme et au Front populaire. Le Coup de patte, hebdomadaire éphémère (1931) dirigé par le chansonnier d'extrême droite Martini, sut réunir la dernière grande équipe de caricaturistes : Sennep, Poulbot, Alain Saint-Ogan (le créateur de Zig et Puce), Guérin et Bib.

La Seconde Guerre mondiale devait porter le coup de grâce à la caricature, qui cessa d'être un moyen d'expression privilégié pour devenir un moyen d'information et d'orientation mineur.

Ralph Soupault, après avoir fustigé, à la veille de la guerre, le pacte Hitler-Staline, devait, pendant l'Occupation, mettre son grand talent au service des causes les moins défendables. En marge du courant politique, Dubout proposait une approche à la fois truculente et amère de la réalité. La prolifération des personnages, minutieusement dessinés, prend dans ses dessins un caractère hallucinant. Ses femmes énormes et ses hommes écrasés sont devenus des types extrêmement populaires : on dit des « personnages à la Dubout ».

Maurice Henry, venu du Grand Jeu et du Groupe surréaliste, introduisit dans le dessin de presse l'onirisme et contribua à diffuser un état d'esprit nouveau qui a ouvert la voie au dessin d'humour tel que nous le connaissons aujourd'hui.

Un cas particulier de caricature « régionale » mérite d'être signalé : celui de l'Alsace. Enjeu des rivalités de la France et de l'Allemagne, l'Alsace a donné naissance à une caricature qui, si elle est marquée à ses débuts par un parti pris en faveur de la France, n'en témoigne pas moins, par la conscience qu'elle prend de sa situation particulière à travers les convoitises dont l'Alsace est l'objet, une sorte d'exterritorialité. Hansi et Zislin, de 1900 à 1918, ont mené, l'un dans le style de l'imagerie (la critique passant souvent par le regard des enfants), l'autre dans un style dramatique un combat acharné contre la volonté d'annexion de l'Allemagne. Mais si leur œuvre avant tout militante s'est achevée avec la guerre, ils témoignèrent à leur manière de la spécificité « alsacienne ». Un graphisme satirique et truculent persiste, représenté par Robert Beltz, André Wenger, Roland Peuckert et surtout Tomi Ungerer qui s'exila pour mener une carrière internationale.

  En Allemagne et en Autriche

Alors que les caricatures anglaise et française se sont développées selon leurs traditions respectives et ont été relativement peu influencées par les différents mouvements artistiques, la caricature allemande s'est montrée sensible aux grandes idées philosophiques, littéraires et artistiques du temps. Elle a également reçu l'apport de courants issus des civilisations slave et scandinave.

Le xviiie siècle a vu l'apparition du premier grand caricaturiste allemand : Chodowiecki. Les Fliegende Blätter, publiées à Munich à partir de 1844, reflètent, d'une certaine manière, le courant romantique : Moritz von Schwind, Carl Spitzweg, Adolf Oberlander et Wilhelm Busch en sont les principaux collaborateurs.

À partir de 1897, dans Simplicissimus, le courant expressionniste, pour partie influencé par le Norvégien Edvard Munch, manifeste sa virulence et son pessimisme. Karl Arnold, Thomas Theodor Heine, Eduard Thöny, Bruno Paul, Alfred Kubin, Käthe Kollwitz, Rudolf Wilke auxquels viennent se joindre le Bulgare Pascin et le Suédois Olaf Gulbransson font de cet hebdomadaire une véritable institution nationale dont le prestige dépasse largement les frontières de l'Allemagne. Bien que ce magazine ait eu la réputation de refléter les idées de gauche, les nazis, à leur arrivée au pouvoir, voient le parti qu'ils peuvent tirer de l'utilisation d'un titre prestigieux. Simplicissimus disparaît, en 1945, avec le régime nazi.

Georg Grosz, influencé par le futurisme et le dadaïsme, bouscule la composition traditionnelle pour nous montrer les silhouettes rigides et empâtées des bourgeois et des militaires défenseurs de l'ordre. Loin de la satire politique, Gerard Hoffnung (Allemagne), dont la manière s'apparente à celle d'Oberlander, a dessiné de nombreuses variations sur le thème du musicien et de l'orchestre.

Plus près de nous, Loriot (Allemagne) et Eric Sokol (Autriche) se montrent d'habiles dessinateurs de presse ; quant à Flora (Autriche) et à Hans Georg Rauch (Allemagne), ils développent un art raffiné de la ligne qui fait d'eux, plus que des caricaturistes, des dessinateurs d'humour épris d'insolite.

  Aux États-Unis

Thomas Nast (1840-1902), collaborateur du Harper's Weekly, est le premier caricaturiste à proposer un dessin satirique efficace. Toutefois, son art se ressent d'un excès de détails, en particulier dans le décor, qui tend à confiner son œuvre dans le cadre du dessin illustratif.

C'est à travers trois magazines que s'est constituée la caricature américaine : Puck (1877), journal de tendance démocrate, d'abord diffusé auprès de la communauté germanique, Judge (1881-1937), son pendant républicain, enfin Life (1883-1930), qui, par le truchement de graphistes comme Charles Gibson Dana et Norman Rockwell, a diversifié et allégé le langage satirique.

David Levine, dont le talent s'exerce dans le New York Review of Books, réalise des portraits charge de personnalités littéraires et politiques, présentes ou disparues, dans un style inspiré de la caricature française du xixe siècle. Steinberg, dont l'activité dépasse largement le domaine de la caricature, se livre à une charge des styles actuels ou passés. Mort Drucker exécute dans un style plus conventionnel des portraits charge de personnalités célèbres.

La caricature et la satire ont profondément pénétré la bande dessinée : tel fut le cas du Lil Abner de Al Capp qui prenait pour cible la société par le truchement de laissés-pour-compte qui en défendent obstinément les valeurs jusqu'à l'absurde. D'autres bandes « chargent » les mythes mis en place par la bande dessinée ou le cinéma : le Spirit de Will Eisner est une réplique dérisoire de Superman ; Fosdick de Al Capp ridiculise les aventures du policier Dick Tracy de Chester Gould. La première équipe de Mad rassemblée autour de Harvey Kurtzman – Jack Davis, Will Elder – s'est livrée à un démolissage systématique des héros de l'imaginaire américain.

  Russie et Union soviétique

L'existence de La Revue caricaturale, créée en 1908, ne dépassa pas dix-huit jours. Le groupe des Ambulants, fondé en 1870 pour former le goût esthétique des masses et qui promenait ses expositions à travers villes et campagnes, a présenté, parmi ses œuvres à sujets populistes, des scènes satiriques qui furent tolérées par le pouvoir dans la mesure où elles ne faisaient pas l'objet d'une grande diffusion.

Il fallut attendre la révolution de 1905 pour qu'apparaisse une caricature digne de ce nom avec Sergueï Chekhonine, Evgeni Lanceray, Ivan Bibline, Valentin Serov. En 1917, surgit un art de combat au service de la révolution d'Octobre. Il s'exprime pour une bonne part par l'affichage (Fenêtres de Rosta). Victor Deni, Vladimir Maïakovsky et Mikhaïl Tcheremnykh en sont les principaux artisans. Ce dernier faisait partie, avec Victor Deni et Ivan Milioutine, de l'équipe fondatrice du Krokodil (1922), véritable institution satirique du régime qui paraît encore de nos jours. Trois artistes, Mikhaïl Kouprianov, Porfin Krilov et Nikolaï Sokolov, réalisent en commun des dessins militants qu'ils signent du nom de Koukriniksy.

La caricature soviétique fut, à sa naissance, une arme de combat. Si ses premières manifestations relèvent pour une part de l'imagerie populaire et pour une autre part de l'esthétique violente du futurisme, c'est moins pour des raisons artistiques que pour frapper l'imagination des masses illettrées. Contrairement à la caricature européenne qui a suivi, voire précédé les révolutions esthétiques, la caricature soviétique se sert des découvertes de l'avant-garde.

  La sculpture et la caricature

Dans l'Antiquité, la caricature qui prenait pour cible des personnages précis ne disposait, comme supports, que du mur sur lequel pouvaient s'inscrire les graffiti et que de la terre à modeler. Le développement de l'image satirique n'a dû, beaucoup plus tard, son développement et sa conservation qu'à l'invention du papier qui a rendu possible et le croquis pris sur le vif et l'estampe. La sculpture, elle, dépend de facteurs plus complexes. La sculpture monumentale ou ornementale répond à une commande officielle ou privée. Le client doit donc être flatté dans son image et dans ses goûts. La caricature, quand elle s'aventure dans la représentation à trois dimensions, se rattache au domaine de la figurine. Par son caractère opératoire, elle est proche de l'objet magique par lequel on tente de modifier ou de neutraliser le comportement d'autrui. Malheureusement, la fragilité de la terre cuite associée au caractère occasionnel de la charge n'a permis qu'à un nombre réduit de figures caricaturales de parvenir jusqu'à nous. Une statuette comme le Poète s'accompagnant à la lyre (musée des Beaux-Arts, Boston) atteste l'existence de la caricature pendant la période hellénistique. Il faudra attendre le xviiie siècle, avec l'œuvre de Franz Xaver Messerschmidt (Allemagne, 1736-1784) pour assister à l'apparition d'une forme nouvelle de caricature sculptée, par « débordement » de la sculpture traditionnelle. Cet artiste a exprimé, dans une suite de bustes, des états émotionnels intenses aboutissant à des déformations caricaturales. Au xixe siècle, Daumier modèle la série des bustes de parlementaires et Ratapoil (œuvres dont la stupéfiante habileté d'exécution rend nulle et non avenue l'attribution, au même artiste, des nombreuses figurines d'une facture grossière qui portent ses initiales) ; Jean-Pierre Dantan, dit Dantan le Jeune, exécute des charges à la demande de ses clients qui appartiennent, pour la plupart, au monde des arts et des lettres. Mis à part les bustes de Daumier qui étaient, semble-t-il, destinés à servir de modèles pour ses dessins de presse, une bonne partie des caricatures sculptées – c'est le cas, en particulier, de celles de Jean-Pierre Dantan – prennent appui, autant sinon plus, sur la silhouette du modèle que sur sa physionomie. À ses débuts, L'Assiette au beurre propose à ses abonnés, sans grand succès, des charges modelées par Maurice Gottlob et Nogec.

À Seattle (États-Unis), Debbi Fecher réalise des personnages de porcelaine qui servent de poivriers et de salières. Ces figurines, destinées à être agitées, sont des « fous » – cette appellation désignant à la fois l'aliéné et le fou de cour. Enveloppés dans un tissu-camisole qui les enserre des pieds au cou, ils laissent émerger une tête finement modelée et colorée, aux traits narquois et au regard inquisiteur. Giorgio Gabellini (Italie), poursuivant une tradition bien établie en Romagne, exécute des charges ressemblantes et plutôt bienveillantes de personnalités contemporaines. Alors que la caricature graphique a poursuivi une « carrière » liée, pour une bonne part, au développement de la presse, la caricature à trois dimensions n'a connu, tout au contraire, qu'une existence discontinue placée sous le double signe de la rareté et de la fragilité.

La caricature, si elle demeure présente dans les journaux et si elle illustre parfois des émissions de télévision, a perdu son caractère pamphlétaire. La presse qui fut longtemps la principale source d'informations n'est plus, parmi les médias, qu'un élément de réflexion ou le refuge de ceux qui se repaissent de faits divers. De plus, l'image photographique et le film, par leur approche « directe » – du moins en apparence – du réel, ont retiré au graphisme sa valeur de témoignage.

Maniant l'humour plus que la satire, enclin à traiter de la condition humaine dans une perspective plus philosophique que sociale, le dessinateur crée volontiers des suites sur un thème déterminé en vue de leur publication dans un album. Il est de plus en plus souvent traité comme auteur, au même titre que l'écrivain. Steinberg, Searle, Steadman, Ungerer sont considérés comme des artistes à part entière, ce qui neutralise dans une grande mesure l'agressivité réelle dont ils peuvent faire preuve dans leur production.

  Retour de la caricature ?

La fin des années 1960 et le début des années 1970 ont vu, en France, la flambée de la caricature contestataire. Alors que pendant les journées de Mai-68, les affiches de l'atelier de l'École des beaux-arts couvraient les murs, des magazines exclusivement consacrés à la satire – L'Enragé, Siné-Massacre, Hara-Kiri, puis Charlie... – ont mené un même combat contre le pouvoir politique en place. On peut même parler, en ce qui concerne cette caricature – celle de Reiser, de Cabu, de Siné, de Wolinski – de provocation délibérée. Les réactions escomptées étaient censées venir confirmer le caractère fasciste du régime. La figure de Charles de Gaulle, alors président de la République, était rattachée, par les caricaturistes, dans l'imaginaire révolutionnaire, à la lignée des militaires ayant aspiré au pouvoir absolu – Mac Mahon, Boulanger, Pétain –, voire au nazisme et à son chef, Hitler : la croix de Lorraine y devenait un avatar de la croix gammée. De ce combat, les protagonistes sortirent affaiblis. La provocation systématique pratiquée par la contestation avait dépassé toute crédibilité, mais elle avait acculé le pouvoir politique à une attitude de doute qui devait mettre à mal, et pour longtemps, ce qui lui restait de sacré : l'autorité.

Après les années 1970, devenue, au même titre que le dessin d'humour et le dessin de reportage, « dessin de presse », la caricature va se redistribuer dans la presse périodique où elle continue à œuvrer, cette fois sous le contrôle d'un invisible « lecteur moyen ». Elle n'est plus vraiment partie prenante dans les contradictions que connaît la société. Elle contribue davantage, par ses « bons mots », à les désamorcer qu'à les exacerber. Ainsi s'élabore une caricature de consensus, placée sous le signe de la tolérance. C'est d'ailleurs sous cette invocation à double entente qu'elle doit affronter l'islamisme.

En septembre 2005, la publication par un quotidien danois d'un ensemble de caricatures du Prophète Mahomet provoque une violente réaction du monde musulman. En février 2006, au nom de la liberté d'expression, Charlie Hebdo prend alors l'initiative de publier à son tour ces caricatures. Le procès qui lui fut intenté par les institutions islamiques s'est conclu par une relaxe en faveur du journal, le tribunal ayant considéré que la publication ne portait pas atteinte à la religion, mais visait uniquement à dénoncer l'intégrisme.

En Occident, l'islam n'est pas sur un pied d'égalité avec les autres religions. Il est dans une phase d'intégration. Même si christianisme et judaïsme tiennent à l'assurer de leur solidarité, au nom d'une communauté d'origine en Abraham, la réaction de la dernière-née des croyances monothéistes apparaît disproportionnée face à la satire. Le destin de l'Occident a été étroitement lié à celui du christianisme. Une distinction entre religion et monde civil s'est néanmoins imposée, non sans heurts. Le message évangélique a rarement fait l'objet d'attaques de la part des caricaturistes, le Christ symbolisant la souffrance des persécutés parmi lesquels il faut compter les victimes de l'ordre social. La satire s'exerça surtout aux dépens du clergé, auquel étaient reprochées sa complicité avec les « puissants » et, donc, sa trahison à l'égard du message dont il se réclamait.

L'islam ne connaît pas de véritable distinction entre pouvoir temporel et pouvoir spirituel. Depuis la dynastie des Abbassides, l'image du prophète est proscrite. Le Prophète est un guerrier de la foi. Aux représentations originelles s'ajoutent les ressentiments nés de l'époque coloniale et les conditions socioéconomiques difficiles d’une partie de la communauté de religion musulmane, l'ensemble étant habilement relié, par les islamistes militants, aux différents conflits qui secouent le Moyen-Orient. En janvier 2015, un attentat au siège de Charlie Hebdo se solda par la mort de douze personnes et fut revendiqué par Al-Qaida dans la péninsule arabique, rappelant que les groupes islamistes n’avaient en rien oublié ce qu’ils considèrent comme une offense faite à Mahomet.

Marc THIVOLET

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Dans le chapitre "Un observateur scientifique"  : …  , 1926, Neue Nationalgalerie, Berlin). Toutefois, sa notoriété s'est affirmée à travers les *caricatures qu'il publiait dans la presse d'extrême gauche et par les recueils de dessins qu'il donnait aux éditions Malik, dirigées par Wieland Herzfelde, prétextes à de retentissants procès, comme celui qui eut lieu à propos de son Ecce HomoLire la suite
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… 1919. Dès lors, il abandonne toute idée de carrière « sérieuse » et se consacre définitivement à la *caricature. Il collabore régulièrement à Marianne, à L'Œuvre ; il dessine aussi pour Le Journal et parfois pour Le Rire. Sa première contribution au Canard enchaîné, pour lequel il travaillera jusqu'à la… Lire la suite
HENRI DE TOULOUSE-LAUTREC ET L'ESTAMPE - (repères chronologiques)

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ILLUSTRATION

Écrit par :  Ségolène LE MENConstance MORÉTEAU

Dans le chapitre "La vignette-frontispice"  : …  présente au vu de tous la physionomie grotesque du héros, et cette grimace, inimaginable d'après le texte, le fait proclamer roi des fous : la *caricature et la laideur, essentielles au programme hugolien, composent l'emblème provocant qui reste l'exemple par excellence de cette image de rêve flottante et déchiquetée sur ses bords qu'est la vignette… Lire la suite
IRIBE PAUL (1883-1935)

Écrit par :  Marc THIVOLET

… *Décorateur et caricaturiste français, Paul Iribe a été, avec Cappiello et Cassandre, l'un des graphistes les plus importants de la première moitié du xxe siècle et, sans doute, le plus méconnu de tous. La caricature était alors le banc d'essai de tous ceux qui voulaient s'engager dans une activité graphique. Paul Iribe passe son… Lire la suite
JEUNESSE LITTÉRATURE POUR LA

Écrit par :  Jean PERROT

Dans le chapitre "Les pouvoirs de l'illustration : du conte au documentaire"  : …  Les effets du développement de la *caricature et de l'image des années 1830 furent décisifs. P.-J. Hetzel publia en 1841-1842 Scènes de la vie publique et privée des animaux, visions caricaturales avec des illustrations de Grandville, célèbre déjà pour d'autres ouvrages illustrés. Alfred de Musset y publia de son côté Histoire d'unLire la suite
JOB JACQUES MARIE GASTON ONFROY DE BRÉVILLE dit (1858-1931)

Écrit par :  Laura NOESSER

… *Né à Bar-le-Duc, Jacques de Bréville commence à signer Job dès son enfance crayonneuse au collège Stanislas. D'un milieu familial peu ouvert à la République naissante, il hérite d'une pensée conservatrice qui le fait adhérer à la Ligue de la patrie française anti-dreyfusienne et rechercher les amitiés de Caran d'Ache, Forain ou Albert Guillaume… Lire la suite
JOHN BULL

Écrit par :  Universalis

… *Dans la littérature et la caricature anglaises, John Bull représente l'Anglais « typique » ; on trouve pour la première fois le personnage dans La loi est un puits sans fond... (Law is a Bottomless-Pit..., 1712), l'une des cinq satires politiques connexes écrites par John Arbuthnot et qui furent à nouveau publiées par… Lire la suite
KUPKA FRANTIŠEK (1871-1957)

Écrit par :  Arnauld PIERRE

Dans le chapitre "Les premiers pas"  : …  (1897), qui marque son adoption des conventions de la peinture claire et de plein air. *Suivant le conseil de son compatriote l'affichiste Alfons Mucha (1860-1939), il gagne sa vie en donnant des caricatures aux journaux satiriques qui foisonnent à cette époque : Le Canard sauvageCocoricoLe Cri de Paris,… Lire la suite
LAP JEAN LAPLAINE dit (1922-1987)

Écrit par :  Marc THIVOLET

… *Jean Laplaine, dit Lap, fut l'un des personnages les plus représentatifs de la continuité caricaturale propre au Canard enchaîné. Il naquit à Joigny en 1922. Après avoir participé activement à la Résistance, il collabora au quotidien Combat. En 1946, il fit son entrée au Canard enchaîné qu'il ne devait plus quitter. À… Lire la suite
LÉANDRE CHARLES (1862-1934)

Écrit par :  Marc THIVOLET

… *Bien qu'il ait pratiqué l'illustration avec un certain bonheur (Les Trois Mousquetaires de Dumas père ; Scènes de la vie de bohème d'Henry Murger), c'est surtout comme auteur de portraits en charge que Charles Léandre est connu. Son activité de caricaturiste a trouvé son point de départ dans l'observation des mœurs rurales de la… Lire la suite
LEVINE DAVID (1926-2009)

Écrit par :  Marc THIVOLET

…  York, est marqué, dans sa technique comme dans son esprit, par le xixe siècle. *La caricature telle qu'il la pratique est directement issue de la manière d'André Gill, de Traviès et de Léandre. Ses personnages sont, pour la plupart, des portraits en charge de têtes énormes reposant sur de petits corps écrasés. Le personnage se… Lire la suite
LEVINE JACK (1915-2010)

Écrit par :  Universalis

… cadre du W.P.A. (Works Progress Administration). Inspiré par Le Greco, Goya ou encore George Crosz, *il dépeint la pauvreté et brosse des caricatures de personnalités politiques corrompues. Levine se fait remarquer grâce à des toiles telles que Brain Trust (1935), exposée au Museum of Modern Art de New York en 1936, et The Feast of PureLire la suite
MESSERSCHMIDT FRANZ XAVER (1736-1783)

Écrit par :  Jean-François POIRIER

…  présentés frontalement, sans épaules, les traits symétriques et le cou se terminant en pointe. *C'est à partir de 1771 qu'apparaissent des bronzes présentant des traits caricaturaux. Rappelons qu'au-delà d'une tendance idiosyncrasique, que certains ont pu considérer chez lui comme un suicide artistique, la caricature revêt au xviiiLire la suite
MOISAN ROLAND (1907-1987)

Écrit par :  Marc THIVOLET

… *Le dessinateur Roland Moisan est né le 25 novembre 1907 à Bourges. En 1927, il entre à l'École des arts décoratifs de Paris. À son retour du service militaire, en 1931, il commence son activité de dessinateur de presse dans une revue médicale, La Spidoléïne, puis, tout à la fois, au Rire, au Sourire, à L'Œuvre,… Lire la suite
MONNIER HENRI BONAVENTURE (1799-1877)

Écrit par :  Daniel ZERKI

… *Artiste aux multiples talents, dessinateur, littérateur, auteur dramatique, acteur, Henry Monnier a peut-être dû à cette dispersion la relative désaffection dont son œuvre a souffert après sa mort. Le critique d'art l'a traité en littérateur et le critique littéraire en caricaturiste. Pourtant l'œuvre graphique, littéraire, dramatique et, sans… Lire la suite
MONSTRES, esthétique

Écrit par :  Gilbert LASCAULT

Dans le chapitre "Préoccupations allégoriques"  : …  monstrueuse. On peut donner quelques exemples de ces discours. Dans le domaine politique, les *caricaturistes donnent souvent aux hommes d'État ou aux représentants d'une classe hostile un corps animal. En 1589, le Véritable Portrait de Henri III le Monstrueux le montre avec la tête d'un lion furieux, des « mamelles de femme », des… Lire la suite
PARODIE, littérature

Écrit par :  Daniel SANGSUE

Dans le chapitre "Parodie et grotesque"  : …  qualifié de parodique tout ce qui relève d'une représentation déformante et moqueuse, et parodie *devient synonyme de caricature – dans son Histoire de la caricature antique (1865), Champfleury utilise indifféremment l'un pour l'autre –, et même de satire (d'où le titre La Parodie choisi en 1869 par André Gill pour son… Lire la suite
PHILIPON CHARLES (1806-1862)

Écrit par :  Marc THIVOLET

… *Ancien élève du baron Gros, créateur de nombreux journaux, Charles Philipon est l'une des figures les plus importantes de la presse du xixe siècle. Il a « lancé » et inspiré bien des caricaturistes : Daumier, Grandville, Traviès, Cham, Monnier et Gavarni, pour ne citer que les plus célèbres. Républicain intransigeant dans ses… Lire la suite
PHYSIOGNOMONIE

Écrit par :  Anne-Marie LECOQ

Dans le chapitre "Les artistes et la physiognomonie"  : …  martyrs – est à mettre en rapport avec la vogue contemporaine de la physiognomonie ; et l'art de la *caricature, qui naît un siècle plus tard, lui doit à la fois son principe fondamental et certaines de ses méthodes. Un moyen d'indiquer le caractère d'une figure à travers sa physionomie était de lui prêter les traits d'un des tempéraments types. Il… Lire la suite
PINO-ZAC (1930-1985)

Écrit par :  Yves FRÉMION

…  plus proches de la bande dessinée, comme Pilote mensuel et L'Écho des savanes. *Mais sa vraie vocation, c'est d'abord la caricature politique. Très doué, Pino-Zac dispose à la fois d'idées originales et d'un trait agressif, qui font de lui, bizarrement, un caricaturiste dans la lignée des dessinateurs de la droite de l'entre-… Lire la suite
PSST...! (févr. 1898-sept. 1899)

Écrit par :  Marc THIVOLET

… *La publication de Psst... !, hebdomadaire de quatre pages, tiré en noir, correspond à une période très précise de l'affaire Dreyfus : celle de la révision. À la suite de différentes révélations tendant à mettre en doute la culpabilité du capitaine, à mettre en cause un autre officier du nom d'Esterházy (d'ailleurs acquitté malgré les… Lire la suite
PUBLICITÉ ET ART

Écrit par :  Marc THIVOLET

Dans le chapitre "Une forme d'expression liée à l'écriture"  : …  l'histoire de la peinture. Avec l'œuvre de Lautrec, située à la frontière de la peinture et de la *caricature, historiens et critiques ont accepté de voir l'art s'encanailler. À la fin du xixe siècle, l'affiche bénéficie de l'engouement pour l'art appliqué que les artistes de l'Art nouveau, sous l'influence de théoriciens comme… Lire la suite
REISER JEAN-MARC (1941-1983)

Écrit par :  Marc THIVOLET

… *Après une vaine tentative pour se faire accepter dans l'équipe des dessinateurs d'Ici Paris, Jean-Marc Reiser entre comme coursier chez Nicolas. Cet emploi lui vaut de voir certains de ses dessins publiés dans Le Courrier du nectar sous le nom de Jiem. Ce fait n'est extraordinaire qu'en apparence, car la maison Nicolas est connue… Lire la suite
RÉVOLUTION FRANÇAISE

Écrit par :  Jean-Clément MARTINMarc THIVOLET

Dans le chapitre " La caricature, une arme politique"  : …  *L'image satirique de l'époque révolutionnaire a été étudiée, dès 1792, par Boyer de Nîmes, à la fois juge et partie – il était éditeur d'un journal et monarchiste – dans son Histoire des caricatures de la révolte des Français, peu de temps avant de monter sur l'échafaud ; puis Arsène Alexandre lui a accordé une place dans son HistoireLire la suite
RIRE LE (1894-1940)

Écrit par :  Marc THIVOLET

… *La publication de l'hebdomadaire Le Rire, où la place des illustrations en noir et en couleurs l'emporte sur celle des textes, marque, dans l'histoire du journalisme humoristique, le passage définitif du stade artisanal au stade industriel. Les fondateurs savent utiliser toutes les ressources de la photogravure pour donner à leur journal… Lire la suite
ROBIDA ALBERT (1848-1926)

Écrit par :  Marc THIVOLET

… *Dans ses lignes générales, l'activité d'Albert Robida ressemble fort à celle de Gustave Doré. Comme ce dernier, il a illustré les grands textes de la littérature française et étrangère, comme lui il a éprouvé la fascination du Moyen Âge. Robida exprime avec une certaine véhémence un romantisme finissant. Il s'affirme dès le début de son activité… Lire la suite
ROWLANDSON THOMAS (1756-1827)

Écrit par :  Pierre GEORGEL

… *Peintre et dessinateur anglais. Rowlandson, sans doute le plus anglais des caricaturistes et l'héritier direct de Hogarth, commence par se former en France. Après un bref passage à la Royal Academy, il entre comme élève à l'Académie royale de Paris, où il est protégé par Pigalle (1772-1775). Ces études académiques, qui se poursuivent à la Royal… Lire la suite
SATIRIQUE DESSIN

Écrit par :  Gilbert LASCAULT

Dessin satirique, pamphlet en image, charge, humour graphique*, caricature, graphisme contestataire ; des expressions relativement nombreuses et assez imprécises permettent de multiplier les distinctions, les classifications ; de prolonger les disputes sur l'appartenance de telle œuvre à l'une ou à l'autre… Lire la suite
SEARLE RONALD (1920-2011)

Écrit par :  Marc THIVOLET

… *Né en 1920 en Angleterre, à Cambridge, Ronald Searle est encore un enfant lorsqu'il se sent attiré par la caricature, et certains de ses dessins sont publiés dans des revues confidentielles. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est appelé à servir dans le Royal Territory Ingeneers. En 1941, il réalise un dessin dont la légende est liée à l'… Lire la suite
SENNEP JEHAN PENNÈS dit (1894-1982)

Écrit par :  Marc THIVOLET

… *Le dernier des caricaturistes traditionnels a été Jehan Pennès, dit Sennep. Il commence son activité de dessinateur de presse au lendemain de la Première Guerre mondiale, sous l'influence de H.-P. Gassier, caricaturiste du Canard enchaîné. Grâce à ce dernier, il se constitue un style unique. Au trait tout en rondeurs de son inspirateur, il… Lire la suite
STEADMAN RALPH (1936- )

Écrit par :  Marc THIVOLET

… *Entré en 1952 en qualité d'apprenti chez le constructeur d'avions Havilland, Ralph Steadman, né en 1936 dans le Cheshire (Grande-Bretagne), apprend dans l'atelier de dessin de cette compagnie à tirer les lignes droites qui dans nombre de ses œuvres contrasteront avec une exceptionnelle liberté de trait. Il travaille ensuite dans une agence de… Lire la suite
STEINLEN THÉOPHILE ALEXANDRE (1859-1923)

Écrit par :  Marc THIVOLET

… *Il n'est pas certain que Steinlen ait subi, comme le suppose Anatole France, l'influence d'Émile Zola ou du communard Rossel avant d'arriver en France. Il est toutefois évident que l'image qu'il se forme de la France, et particulièrement de Paris, alors qu'il est encore étudiant en lettres à Lausanne, est étroitement liée aux événements dramatiques… Lire la suite
STÉRÉOTYPES SOCIAUX

Écrit par :  Xavier ROZE

Dans le chapitre "Stéréotypes et psychologie individuelle"  : …  *C'est un trait remarquable du stéréotype qu'il tend à s'exprimer, voire à s'illustrer en une forme proche de la caricature. Sur le plan psychologique, en effet, la caricature peut se comprendre par l'idée d'une recherche de la stabilité des formes perceptives, c'est-à-dire de la constitution de normes structurelles stables. Elle est ce qui, d'une… Lire la suite
TENNIEL JOHN (1820-1914)

Écrit par :  Marc THIVOLET

… *Surtout connu comme illustrateur de Alice au pays des merveilles, et de À travers le miroir de Lewis Carroll, John Tenniel a été également l'un des principaux collaborateurs du célèbre Punch. Les gravures réalisées pour le livre de Carroll révèlent en Tenniel un illustrateur et un caricaturiste. Ses illustrations pour Lire la suite
THURBER JAMES (1894-1961)

Écrit par :  Marc THIVOLET

… *Né à Colombus, dans l'Ohio. Une longue série d'échecs a déterminé sa double activité d'écrivain et de dessinateur humoristique. James Thurber suit les cours de l'université d'Ohio de 1913 à 1918, sans parvenir à obtenir de diplôme. Il se résigne alors à devenir employé du Chiffre au Département d'État, ce qui lui vaut d'être envoyé à Paris. De… Lire la suite
TIM (1919-2002)

Écrit par :  Nelly FEUERHAHN

… *Louis Mitelberg dit Tim est né, en 1919, à Kaluszin en Pologne. Le récit des souvenirs de son père, un petit casquettier juif parti tenter sa chance à Paris, suscite un vif intérêt pour la France chez le jeune garçon déjà passionné de caricature. En 1937, il choisit d'aller étudier l'architecture à Paris. Après la chute du gouvernement polonais, il… Lire la suite
TOMEO JAVIER (1932-2013)

Écrit par :  Corinne CRISTINI

… uns de ces romans trouveront par ailleurs de nouvelles résonances dans une version théâtrale. *S’il se présente dans son œuvre comme un caricaturiste, il l’est aussi à travers les dessins qu’il réalise lui-même et qui, parfois, émaillent ses écrits. Inspiré par les théories freudiennes et proche de l’univers de Ionesco et de Beckett, Javier… Lire la suite
TÖPFFER RODOLPHE (1799-1846)

Écrit par :  Nelly FEUERHAHN

…  1799, il est le fils de Wolfgang-Adam Töpffer (1766-1847), artiste peintre et caricaturiste. *Très tôt, le père communique au fils son admiration pour le caricaturiste anglais William Hogarth (1697-1764) ainsi que son goût pour la peinture. Un goût qui le dispute chez le jeune homme au plaisir des promenades dans la nature. À dix-neuf ans,… Lire la suite
UNGERER JEAN THOMAS dit TOMI (1931- )

Écrit par :  Nelly FEUERHAHN

Dans le chapitre "La conquête de New York"  : …  et culturelle de l'Amérique dans ces années de contre-culture triomphante. Plus ouvertement, *une satire virulente de la société américaine puritaine et arrogante explose dans ses caricatures (dans The Underground Sketchbook, 1964, plus encore dans The Party, 1966, et Fornicon, 1969). Insupportables aux Américains,… Lire la suite
VARGAS GABRIEL (1915-2010)

Écrit par :  Universalis

…  une bourse d'étude pour se rendre à Paris, mais il préfère rester auprès de sa famille et entre, *en 1932, comme caricaturiste au journal Excélsior. Il devient rapidement responsable de l'équipe des dessinateurs et remporte le concours de caricatures organisé par l'Editorial Panamericana. En 1942, dans le magazine Pepín, il… Lire la suite
VERNET ANTOINE CHARLES HORACE dit CARLE (1758-1836)

Écrit par :  Bruno FOUCART

… *« Je ressemble au grand dauphin : fils de roi, père de roi, jamais roi. » Authentique ou non, ce mot de Carle Vernet donne assez bien la position d'un peintre, éminemment talentueux, comme on l'était dans cette famille, mais qui ne sut imposer sa prééminence dans aucune spécialité, comme Joseph, son père, dans le paysage, ou Horace, son fils, dans… Lire la suite
WILLETTE ADOLPHE (1857-1926)

Écrit par :  Marc THIVOLET

… *De tous les caricaturistes de son temps, Willette a été sans doute celui qui a connu l'activité la plus variée : décorations pour le Chat-Noir et l'auberge du Clou, verrière du cabaret le Veau d'or, peintures murales de la salle des Communications de l'Hôtel de Ville de Paris et, bien entendu, activités graphiques pour différents journaux dont le… Lire la suite
WOLINSKI GEORGES (1934-2015)

Écrit par :  Marc THIVOLET

… *Jeune dessinateur né le 28 juin 1934 à Tunis (Tunisie), Georges Wolinski entre en 1960 au journal Hara-Kiri. Il y parodie les grandes œuvres de la littérature dans un style qui rappelle celui des dessinateurs du magazine américain Mad. Une partie de ces récits sera publiée en album sous le titre Histoires lamentables (… Lire la suite

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Bibliographie

A. Alexandre, L'Art du rire et de la caricature, Paris, 1892

L'Art de connaître les hommes sur leurs attitudes, leurs gestes et leurs démarches, d'après Lavater, Paris, 1826

F. Baldinucci, Vocabolario toscano dell'arte del disegno, Florence, 1681

Opere, t. II et III, Milan, 1809

J. Baltrušaitis, Le Moyen Âge fantastique, Paris, 1955

Réveils et prodiges, Paris, 1960

C. Baudelaire, Curiosités esthétiques, Paris, 1868

A. Blum, L'Estampe satirique en France pendant les guerres de religion, Paris, 1917

D. A. Brewer, « Making Hogarth Heritage », in Representations, no 72, Berkeley (États-Unis), 2000

J. F. Champfleury, Histoire de la caricature, Paris, 1865

A. Duprat, Les Rois de papier : la caricature de Henri III à Louis XVI, Belin, Paris, 2002

J. Favret-Saada, Comment produire une crise mondiale avec douze petits dessins, Les Prairies ordinaires, Paris, 2007

E. H Gombrich, « Experiment in Caricature », in Art and Illusion, Londres, 1958

J. Grand-Carteret, L'Histoire, la vie, les mœurs et la curiosité par l'image, le pamphlet et le document, I et II, Paris, 1927

S. Heller & G. Anderson, The Savage Mirror : the Art of Contemporary Caricature, Watson-Guptill, New York, 1992

W. Hofmann, La Caricature de Vinci à Picasso, Paris, 1958

« L'Image humoristique », in Humoresques, no 3, Paris, 1992

E. Kris & E. H. Gombrich, « The Principles of Caricature », in The Brit. Journ. of med. Psychol., XVII, 1938

J. C. Lavater, Essai sur la physiognomonie destinée à faire connaître l'homme et à le faire aimer, 4 vol., La Haye, 1781-1803

K. H. Power et al, Femmes d'esprit. Women and Satire in Daumier's Caricature, catal. expos., C. A. Johnson Memorial Gallery, Middlebury (Vt.), 1990

Töpffer, Essai de physiognomonie, Genève, 1845

J. C. Wasserman, J. M. Lubach & A. Beale, Daumier Sculpture. A Critical and Comparative Study, Fogg Art Museum, Harvard Univ., 1969

T. Wright, A History of Caricature and Grotesque in Literature and Art, Londres, 1865.

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