« Le miracle africain », « l'exception du continent », ou « la Suisse de l'Afrique », telles sont les expressions utilisées pour caractériser le Bostwana. Pays démocratique et multipartite, sans interruption depuis son indépendance le 30 septembre 1966, le Botswana a réussi – prouesse unique en Afrique – à passer du groupe des vingt-cinq États les plus pauvres du monde, à celui des États à revenu moyen supérieur, grâce à l'une des plus fortes croissances du monde (6,1 p. 100 en moyenne annuelle, de 1966 à la fin des années 1990). La bonne gestion financière et économique, et la stabilité politique du Botswana en font le pays d'Afrique le mieux classé par les instances internationales – Banque mondiale, Transparency International, etc. Pourtant, ce pays enclavé, entouré de la Namibie, de l'Afrique du Sud, du Zimbabwe et de la Zambie, disposant de moins de 1 p. 100 de terres arables pour un territoire d'environ 600 000 kilomètres carrés, soumis à des sécheresses récurrentes, et peuplé d'environ 1,6 million d'habitants (2005), regroupés pour l'essentiel dans la partie orientale du pays, sur une étroite bande frontalière avec l'Afrique du Sud et le Zimbabwe, ne dispose pas d'une situation a priori particulièrement favorable.
1. Une domination coloniale diffuse
Le Botswana est né à partir des quatre grandes chefferies (organisations sociopolitiques) Tswana (Bamangwanto, Bangwaketse, Bakwena, Bakgatla), progressivement constituées par des alliances, le commerce et des guerres. Elles ont été stabilisées au xixe siècle, avant de se retrouver confrontées aux colons boers, et à l'administration britannique. En effet, pour résister à l'expansionnisme foncier des premiers, les chefs Tswana ont demandé et obtenu la protection britannique qui, en 1885, prend la forme du protectorat du Bechuanaland – au prix de l'annexion du sud du territoire à la colonie anglaise du Cap. Persuadés que le territoire du Bechuanaland sera annexé à l'une de leurs colonies (Afrique du sud ou Rhodésie), les Britanniques se contentent d'instaurer un « gouvernement parallèle ». Officialisé en 1920, celui-ci laisse aux chefferies la gestion quas […]
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