2. Une vie politique stable
• Les facteurs de stabilité
La vie politique botswanaise se caractérise par une grande stabilité et une non moins grande modération, qui sont liées à trois facteurs historiques. Le premier tient à l'homogénéité ethnique du pays, avec les Tswana qui représentent environ 79 p. 100 de la population totale du pays (2003), le groupe minoritaire Kalanga (11 p. 100) qui est bien intégré dans les cercles dirigeants, et le groupe Basarwa – dont les célèbres Bochimans, les derniers chasseurs-cueilleurs d'Afrique (3 p. 100) –, fortement marginalisé et frappé d'ostracisme. Parmi les Tswana, la chefferie des Bamangwato (35 p. 100 de la population du groupe) est dominante dans l'organisation sociopolitique tswana et sert de base politique au Parti démocratique botswanais (B.D.P.), qui est au pouvoir depuis l'indépendance.
Le deuxième facteur est lié au poids d'une organisation traditionnelle ouverte sur la modernité. En effet, l'instauration d'un « gouvernement parallèle » a permis de maintenir la cohérence du système de régulation sociale traditionnel. Les Conseils de village (Kgotla) sont devenus l'une des bases du principe de négociation qui est au cœur du modèle politique botswanais. Ce dernier est institutionnalisé à la fois par la reconnaissance de la tradition comme acteur politique et ordre légal, et par la création, en 1960, d'une chambre consultative des chefs au niveau national, composée de tous les groupes ethniques du pays. Ce modèle politique permet de réduire les coûts de gestion (en utilisant les formes locales de régulation politique), de servir d'intermédiaire entre le système légal et les traditions, et de faciliter la compréhension des règles du jeu politique par la population. La stabilité politique du pays est largement fondée sur cette permanence d'un modèle traditionnel de gestion locale relativement homogène dans tout le pays. La reconnaissance de la chefferie par le pouvoir en place renforce ainsi le contrôle social et protège l'ordre politique établi.
Enfin, en troisième lieu, l'expérience personnelle du premier chef de l'État, sir Seretse Khama (1966-1980), explique ce cl […]
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