Cosaque né à Pereïaslavl dans une famille de petite noblesse ukrainienne, Bogdan Khmelnitski reçut une solide instruction à Kiev puis à Lvov ; outre l'ukrainien, sa langue natale, il connaissait le latin, le polonais et le russe. Il acquit une solide formation militaire en participant aux campagnes des Cosaques Zaporogues contre les Turcs ; fait prisonnier, il ne fut libéré que deux ans plus tard. Il se retira alors dans son domaine de Soubbotovo, où il subit les persécutions des hobereaux polonais qui firent mourir son fils cadet sous le fouet. Cette atrocité l'anima d'un violent sentiment de haine et d'un puissant désir de vengeance à l'encontre de la noblesse polonaise.
Le principal succès de Khmelnitski fut de rassembler, après l'écrasement du soulèvement cosaque de 1637-1638, tous les griefs sociaux, économiques et religieux du peuple ukrainien à l'encontre des Polonais et de transformer en un véritable soulèvement pour la libération de l'Ukraine ce qui, jusque-là, n'avait été que révoltes dispersées.
À la fin de janvier 1648, il s'établit dans le Zaporojie. Élu hetman vers la mi-avril 1648, il remporte, grâce à l'alliance avec le khān de Crimée, de nombreuses et brillantes victoires qui entament le prestige militaire et politique polonais. Pourtant, il ne poursuit pas son action contre ces derniers, semblant lui-même dépassé par le mouvement qu'il avait déclenché : ces victoires lui procurent, en effet, le soutien de toute la population de l'Ukraine ; la guerre pour la conquête des libertés religieuses et pour l'indépendance politique était commencée.
Les Polonais reprennent l'offensive dès le printemps de 1649 et, bien que vainqueur, Khmelnitski est contraint de conclure le traité de Sborov (1649) avec Jean Casimir, roi de Pologne, par lequel il renonce à l'indépendance de l'Ukraine. Les soulèvements populaires se multiplient pourtant tout au long de l'année 1650, entraînant de nouvelles interventions militaires polonaises. Khmelnitski entreprend alors de reconstituer une armée et, en 1652-1653, remporte nombre de victoires, dont aucune pourtant ne fut décisive, tandis que l'Ukraine s'épuisait. Il comprend alors la nécessité d'une alliance solide et se tourne vers la Moscovie.
Dès 1625, l'aide de celle-ci avait été requise par le métropolite de Kiev ; mais, à peine sorti du Temps des troubles, Moscou n'osa pas intervenir. À la suite des nombreux appels de l'hetman, le tsar Alexis Mikhaïlovitch réunit, en février 1651, un Zemski sobor qui se prononce en faveur du rattachement de l'Ukraine à la Russie ; il est consacré le 8 janvier 1654 par le pacte de Pereïaslavl, qui laisse cependant une large autonomie à l'Ukraine.
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